Automobile : Comment Youssef Chahed compte contrer le Maroc

La récente signature par le Maroc d’une convention d’investissement avec le fabricant italien d’amortisseurs Magneti Marelli, filiale du groupe Fiat Chrysler, suscite beaucoup d’inquiétudes à Tunis. Après l’installation des usines Renault et PSA dans le nord du Maroc, l’équipementier considère comme une véritable opportunité de s’implanter sur place, avec la construction d’une unité de production pour un investissement de 37 millions d’euros et l’objectif de produire six millions d’amortisseurs chaque années. La Tunisie captait jusqu’il y a peu la grande majorité des investisseurs italiens qui souhaitaient s’installer au Maghreb, et vit aujourd’hui comme une agression l’offre marocaine dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de l’électronique. « Pendant des années, les Tunisiens traquaient les potentiels investisseurs qui s’intéressaient au Maghreb, et il n’était pas rare que des responsables se déplacent pour rencontrer des industriels qui souhaitant investir au Maroc ou en Egypte, et les convaincre de s’installer en Tunisie », explique un banquier parisien. Mais la révolution du jasmin est passée par là et le pays a connu une certaine instabilité politique, ce qui a découragé nombre d’ investisseurs. Et l’arrivée de Moulay Hafid Elalamy à la tête du département de l’Industrie au sein du gouvernement marocain a permis une meilleure visibilité du Maroc pour les investisseurs industriels étrangers. « Moulay Hafid Elalamy ne rate jamais une occasion d’approcher des investisseurs européens, japonais ou chinois. Il sait parler le même langage que les industriels, tandis que nos ministre à nous sombrent dans des considérations politiciennes », avoue le patron d’une entreprise tunisienne qui s’apprête à ouvrir une unité au Maroc. Le premier ministre tunisien Youssef Chahed, conscient que son pays est en passe de perdre la partie face au Maroc, a demandé à son nouveau ministre de l’Industrie et des PME, Imad Hammami, de préparer un la contre-attaque, notamment en direction de l’ Italie et de l’Allemagne, traditionnelles chasses gardées de la Tunisie. 

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