L’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) a été créée en 2017, à la suite de la fusion de trois établissements publics censés renforcer l’attractivité du Maroc en matière d’investissements et dynamiser les exportations nationales.
Placée sous la tutelle du ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, dirigé par Karim Zidane, l’agence fait aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations, tant sur son rôle réel que sur la philosophie ayant présidé à sa création. « C’est l’un des établissements publics qui se sont érigés en champions nationaux du surplace », ironise un fin connaisseur des arcanes de l’AMDIE. Une formule sévère, mais qui revient avec insistance.
Selon notre source, l’agence aurait tendance, aussi bien à l’international qu’au niveau national, à s’attribuer les résultats du travail mené par d’autres acteurs, souvent plus discrets mais autrement plus efficaces. « Je mets quiconque au défi de citer un seul grand projet d’investissement structurant réellement initié et porté par l’AMDIE », tranche-t-il.
Ce constat est largement partagé par plusieurs opérateurs évoluant dans les champs d’intervention théoriquement couverts par l’agence. Certains vont jusqu’à qualifier l’AMDIE de simple agence de voyages institutionnelle, estimant que ses hauts responsables passent l’essentiel de leur temps à sillonner salons et expositions internationales — notamment en Europe et dans les pays du Golfe — sans retombées concrètes ni mesurables pour l’économie nationale.
« Tout le monde sait que les grands projets structurants sont négociés à un tout autre niveau, souvent au sommet de l’État ou directement par des responsables gouvernementaux, en particulier ceux en charge de la diplomatie économique », explique notre interlocuteur.
Sur le plan national, les rares actions attribuées à l’AMDIE se résumeraient à l’organisation de rencontres jugées « creuses » par nos sources, voire à des opérations de relations publiques sans substance. Certaines évoquent même l’organisation de réceptions fastueuses pour des délégations étrangères, là encore, sans impact économique tangible.
Dès lors, une question s’impose : quelle est la stratégie du ministre Karim Zidane, parachuté de nulle part à la tête d’un département stratégique par le chef du gouvernement, pour corriger le tir et redéfinir l’action de l’AMDIE ? D’autant plus que le budget d’investissement de l’agence n’a pas dépassé, en 2024, 38 millions de dirhams, un montant modeste au regard des ambitions affichées et des enjeux de l’attractivité économique du Royaume.