Après avoir tenté d’acquérir le « Dôme de fer » il y a cinq ans, le Maroc viserait un système capable d’intercepter missiles balistiques, missiles de croisière et essaims de drones. Les discussions porteraient aussi sur les missiles balistiques LORA, une information qui suscite l’attention de Madrid.
Le Maroc et Israël seraient parvenus à un stade très avancé des négociations pour l’acquisition du système de défense aérienne « Fronde de David » (David’s Sling), l’un des piliers du bouclier antimissile israélien. L’information émane de la revue allemande spécialisée Europäische Sicherheit & Technik (ES&T). Aucune signature de contrat n’a toutefois été officiellement annoncée, et ni montant, ni quantité, ni calendrier de livraison n’ont filtré.
Développé conjointement par Rafael Advanced Defense Systems et l’américain Raytheon (RTX), le système est conçu pour neutraliser des missiles balistiques tactiques, des missiles de croisière, des roquettes de gros calibre et des essaims de drones, à des distances comprises entre 40 et 300 kilomètres. Sa composante américaine place l’opération sous le régime du programme de ventes militaires à l’étranger (FMS), l’aval de Washington sera donc requis. Une formalité jugée probable, compte tenu de la fluidité actuelle des relations entre les États-Unis et le Maroc.
Cette éventuelle acquisition viendrait compléter les systèmes israéliens déjà exploités ou intégrés par les Forces armées royales, tels que le Barak MX et le Spyder. Elle s’inscrirait dans la construction d’une défense aérienne multicouche, du court au long rayon. Rabat avait déjà tenté, il y a cinq ans, d’acquérir le célèbre « Dôme de fer », dans le sillage d’un rapprochement avec Tel-Aviv marqué par un accord militaire sans précédent.
Ces négociations interviennent peu après la révélation de l’intérêt marocain pour les missiles balistiques de précision LORA, fabriqués par Israel Aerospace Industries (IAI). Leur portée officielle est comprise entre 90 et 430 kilomètres, certaines estimations allant jusqu’à 500 km. Leur précision avoisine 10 mètres, pour une charge explosive de 400 à 600 kilogrammes.
Déployés depuis le territoire marocain, ils pourraient atteindre l’archipel des Canaries, situé à un peu plus de 100 km de la côte africaine au point le plus proche, ainsi que des zones du sud de la péninsule Ibérique, comme Séville, Murcie ou Ciudad Real, voire des cibles en Algérie. Une perspective suivie avec attention en Espagne, en raison de la proximité des Canaries et des places de souveraineté espagnoles.
Les échanges sur ces deux systèmes se sont intensifiés à l’occasion du Salon aéronautique de Marrakech. Ils s’inscrivent dans le renforcement de la coopération militaire entre Rabat et Jérusalem, amorcé depuis les Accords d’Abraham. Israël s’est imposé comme l’un des principaux fournisseurs d’armement du Royaume, juste derrière les États-Unis, tandis que le Maroc dispose de l’un des budgets de défense les plus élevés du continent.
Les médias spécialisés israéliens, marocains et européens s’accordent sur un point : les discussions ont dépassé les phases préliminaires. Qu’il s’agisse de capacités défensives (« Fronde de David ») ou offensives à longue portée (LORA), la dynamique confirme la modernisation accélérée des Forces armées royales.