A quelques encablures de l’aéroport Fès-Saïss, un projet industriel d’envergure est en passe de redessiner le paysage économique régional. Porté par un investissement global avoisinant les 700 millions de dirhams, ce futur hub aéronautique s’étendra sur 82 hectares, marquant un saut qualitatif majeur par rapport aux 20 hectares initialement envisagés en 2023.
Cette montée en puissance traduit un choix stratégique clair : faire de Fès un nouveau point d’ancrage de l’industrie aéronautique marocaine, au-delà des pôles historiques de Casablanca et Tanger.
Selon plusieurs sources concordantes, ce projet n’aurait jamais atteint une telle envergure sans l’implication directe du Wali de la région, Khalid Ait Taleb. Ce dernier aurait personnellement piloté les arbitrages fonciers et institutionnels, dépassant les réticences initiales, notamment celles du directeur régional du Centre Régional d’Investissement (CRI), relevant de l’inodore et incolore Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement.
Une dynamique volontariste qui illustre une gouvernance territoriale assumée, loin de l’approche inefficace et frileuse du département de l’Investissement, de la Convergence et de l’évaluation des politiques publiques.
Au centre de ce projet, la société GENAS Aviation déploie une stratégie claire : faire émerger une expertise marocaine en ingénierie aérospatiale, en capitalisant sur la transformation, la maintenance et la prolongation de vie d’aéronefs.
Un premier protocole d’accord, estimé à 350 millions de dirhams, prévoit déjà la création de 250 emplois directs, avec une montée en charge progressive.
GENAS Aviation s’appuie sur un réseau d’experts nord-américains (États-Unis et Canada) et sur des partenaires industriels internationaux pour assurer un transfert de compétences vers les talents locaux. L’objectif étant double à savoir l’introduction localement des solutions à forte valeur ajoutée et le positionnement du Maroc sur des segments techniques avancés, encore peu développés à l’échelle continentale.
Le projet s’inscrit dans une tendance lourde : le vieillissement de la flotte mondiale et la nécessité croissante de maintenance lourde, de conversion et de démantèlement d’avions. La crise du transport aérien post-pandémie a accentué ces besoins, notamment pour les appareils moyen et long-courriers immobilisés.
En ciblant l’ensemble du continent africain, GENAS ambitionne de faire de Fès une plateforme régionale de référence, capable d’assurer la continuité opérationnelle des compagnies aériennes.