18 supporters des Lions de la Teranga ont été condamnés par la justice marocaine à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an, pour des incidents survenus aux abords du stade de Rabat après la victoire du Sénégal face au Maroc.
Les condamnés ont choisi de ne pas faire appel, estimant qu’une procédure prolongerait leur détention. Une décision lourde de sens, interprétée à Dakar comme un signe de défiance à l’égard d’un système judiciaire jugé sévère dans ce contexte de forte tension post-finale.
Très vite, le dossier de la condamnation de 18 supporters sénégalais au Maroc, à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 disputée à Rabat, a quitté le terrain judiciaire pour entrer dans la sphère politique. Selon plusieurs sources concordantes, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’apprête à adresser une lettre officielle au roi Mohammed VI afin de solliciter une grâce royale en faveur des supporters condamnés.
Le geste est à la fois institutionnel et diplomatique. Il vise un double objectif : obtenir un allègement, voire une remise des peines, et préserver la qualité des relations entre Dakar et Rabat. Le Sénégal et le Maroc entretiennent en effet des liens politiques, économiques et religieux anciens, souvent qualifiés de fraternels.
En sollicitant une grâce plutôt qu’en contestant frontalement la décision de justice, Dakar opte pour la voie de la souveraineté respectée et de la clémence sollicitée. Une manière de transformer une crispation en opportunité diplomatique.
Mais la mobilisation ne s’arrête pas aux cercles étatiques. Le religieux influent Ahmet Khalifa Niass a lui aussi adressé une correspondance au souverain marocain.
Dans sa lettre, il invoque ses relations personnelles avec le défunt roi Hassan II, père de l’actuel monarque, et rappelle les liens historiques entre les peuples sénégalais et marocain. « Plus de la moitié des Sénégalais ont le cœur fassi », aurait-il affirmé, soulignant la profondeur des attaches spirituelles entre les deux pays.
Se référant au statut du roi en tant qu’« Amir al-Mouminine », commandeur des croyants, Niass appelle à un geste de pardon. « Les jeux sont désormais derrière nous », plaide-t-il, estimant qu’un acte de clémence « règlerait mille maux ».
Cette démarche illustre le poids du religieux dans la diplomatie sénégalaise, particulièrement lorsqu’il s’agit du Maroc, où la monarchie conjugue pouvoir politique et légitimité spirituelle.
Au Maroc, la grâce royale est une prérogative constitutionnelle du souverain. Elle intervient traditionnellement lors de fêtes religieuses ou d’événements majeurs. Dans ce dossier, elle prendrait une dimension hautement symbolique : celle d’un apaisement après une finale électrique.