Dans les moments de crise, la parole politique est toujours attendue. Parfois même réclamée. Pourtant, face aux inondations exceptionnelles qui ont frappé plusieurs régions du Royaume, Nizar Baraka a choisi une autre voie : celle du calme, de la retenue et de la responsabilité.
Après plusieurs semaines de silence scruté, commenté, parfois critiqué, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a finalement pris la parole. Un ton posé. Des propos mesurés. Un argumentaire structuré. Loin de toute fébrilité médiatique.
Durant les fortes précipitations qu’a connues le Royaume ces deux derniers mois, allant jusqu’à l’évacuation complète de la ville de Ksar El Kebir, la gestion opérationnelle de la crise a été pilotée par le Ministère de l’Intérieur. Un choix institutionnel logique pour un département régalien chargé de coordonner les secours, aux côtés des Forces Armées Royales, de la Protection civile et des autorités locales.
Dans ce contexte, Nizar Baraka a volontairement laissé la lumière aux experts techniques de son ministère. Hydrologues, ingénieurs, cadres territoriaux ont été en première ligne pour fournir des données, des explications et des éléments factuels. Une stratégie assumée.
« La situation exigeait avant tout la présence d’experts sur le terrain et la fourniture d’une information objective, en dehors de toute surenchère, polémique ou exploitation politique », a-t-il expliqué.
Ce positionnement traduit une lecture fine du moment. Patron du Parti de l’Istiqlal et acteur politique aguerri, Nizar Baraka sait que la gestion d’une catastrophe naturelle ne se prête ni à la récupération ni à la communication spectaculaire. Dans un climat émotionnel fort, où des familles ont été déplacées et des infrastructures touchées, la priorité devait rester l’efficacité et la coordination.
Son silence n’était pas une absence. Il était un choix stratégique. Celui de ne pas politiser l’urgence. Celui de ne pas interférer avec la chaîne de commandement opérationnelle. Celui, surtout, de préserver la crédibilité institutionnelle.
En intervenant aujourd’hui avec sérénité, il ne cherche pas à occuper l’espace médiatique, mais à clarifier. À rappeler que les épisodes climatiques extrêmes appellent une réponse technique, structurée et collective. Et que dans ces moments, la solidarité nationale prime sur les calculs partisans.
Dans une époque où l’instantanéité domine et où la surcommunication est devenue la norme, la posture de Nizar Baraka tranche. Elle révèle une perspicacité politique certaine : comprendre que le leadership ne consiste pas toujours à parler le premier, mais à parler au moment juste et pour les bonnes raisons.