Le Maroc accélère sa conquête des marchés européens. Symbole de cette montée en puissance agricole : 19 600 tonnes d’avocats marocains ont été exportées vers l’Allemagne entre novembre 2024 et août 2025, faisant de Berlin le troisième client du Royaume pour ce fruit à forte valeur ajoutée. Un chiffre qui résume à lui seul une stratégie bien huilée : produire plus, mieux, et exporter davantage.
Derrière cette performance, une politique agricole offensive. Rabat mise sur l’extension des surfaces cultivées, l’augmentation des volumes et la diversification des cultures, tout en alignant ses pratiques sur les normes sanitaires, phytosanitaires et environnementales de l’Union européenne. Objectif affiché : consolider le rôle du Maroc comme fournisseur stratégique de l’Europe, tout en dopant une croissance tirée par les exportations.
Selon l’Association espagnole des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (Fepex), cette dynamique pourrait encore s’accélérer. Un accord agricole révisé entre le Maroc et la Commission européenne, actuellement en attente d’approbation au Parlement européen, prévoit d’étendre les préférences douanières aux fruits et légumes issus des régions méridionales du Royaume, où la production orientée export connaît une expansion fulgurante.
Fepex ne cache pas ses inquiétudes. Le Maroc prévoit de doubler ses surfaces cultivées d’ici cinq ans, une perspective perçue comme une menace concurrentielle directe pour les producteurs espagnols, étranglés par des coûts de production plus élevés et des contraintes réglementaires accrues au sein de l’UE.
Pour l’économiste Idriss El Fina, cette évolution est au contraire porteuse d’opportunités : « L’accord agricole révisé peut attirer des investissements locaux et étrangers, stimuler les exportations, créer des emplois et renforcer l’intégration des chaînes de valeur », explique-t-il.
Cette montée en puissance s’inscrit dans la continuité du Plan Maroc Vert et de la stratégie Génération Verte 2020-2030. Le modèle combine investissements dans les grandes exploitations, infrastructures d’irrigation modernes, production sous serre et soutien aux petits agriculteurs à travers des coopératives et projets communautaires.
Les résultats sont spectaculaires. Entre 2005 et 2023, les volumes d’exportations agricoles ont bondi de plus de 120 %, tandis que leur valeur a explosé de plus de 500 %, atteignant 4 milliards de dollars, selon Italiafruit News. L’agriculture, qui emploie près de 40 % de la population active, est devenue un pilier des recettes en devises.
Si la tomate reste la reine des exportations avec 600 000 tonnes par an, représentant près de la moitié des ventes de légumes à l’étranger, les fruits rouges et les avocats gagnent rapidement du terrain. La production fruitière a progressé d’environ 33 % en vingt ans.
La France et l’Espagne absorbent à elles seules 49 % des exportations agricoles marocaines, devant le Royaume-Uni et les Pays-Bas (29 %). L’Allemagne, elle, monte en puissance grâce aux avocats, tandis que l’Italie se concentre surtout sur les agrumes. Des corridors logistiques performants, reliant Agadir ou Taroudant aux ports d’Algésiras et de Valence, permettent au Maroc d’approvisionner l’Europe hors saison, un avantage décisif.
Pendant que l’Espagne prévoit des exportations de fruits et légumes à 19,6 milliards de dollars en 2025, en hausse de 5 %, Fepex souligne les faiblesses structurelles persistantes du modèle européen. En face, le Maroc avance, méthodiquement.
Sauf que l’argent de tout ça, le pauvre 3ayachi ne le verra jamais, ça va directement dans les poches de ses maîtres à Tel Aviv
La terre marocaine avec l’eau des marocains, main d’œuvre marocaine, mais l’argent va ailleurs 🤮🤮