Le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des Politiques publiques, Karim Zidane, vient de débloquer plus de 3 millions de dirhams pour le lancement d’une nouvelle plateforme digitale dédiée à l’accompagnement et à l’orientation des investisseurs, en particulier les Marocains résidant à l’étranger. C’est ce que révèlent des documents consultés par Maghreb Intelligence.
Sur le papier, l’initiative coche toutes les cases du discours officiel : digitalisation de l’action publique, amélioration du climat des affaires, mobilisation de la diaspora. Dans la réalité, une question s’impose : quel retour sur investissement pour l’argent public engagé ?
Car le numérique public, au Maroc comme ailleurs, traîne une réputation tenace : des plateformes qui s’empilent, des ambitions affichées, mais des usages limités et un impact difficilement mesurable. Ce nouveau projet ne fait pas exception. Selon les mêmes sources, il vient s’ajouter à une longue liste d’outils numériques lancés ces dernières années, sans qu’aucune évaluation publique sérieuse n’ait permis d’en mesurer l’efficacité réelle.
Dès lors, l’enjeu n’est plus de créer une plateforme de plus, mais de garantir sa cohérence avec l’existant, son utilité concrète pour les investisseurs et sa réelle appropriation par les publics ciblés.
Dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes et de pression accrue sur l’efficacité de la dépense publique, chaque dirham investi devrait être justifié par des résultats mesurables. À défaut, ces plateformes risquent de n’être que des vitrines coûteuses, rapidement éclipsées par la suivante.