À l’approche de la soirée raï prévue ce 7 avril, le Casino de Paris a opté pour une mesure exceptionnelle : l’interdiction totale des drapeaux à l’intérieur de la salle, avec consignation systématique à l’entrée. Officiellement logistique, la décision traduit en réalité une vigilance accrue face à un climat politique devenu inflammable.
En arrière-plan, un épisode récent continue de peser sur les esprits : la proclamation, le 14 décembre 2025 à Paris, d’une indépendance unilatérale de la Kabylie par Ferhat Mehenni. Si l’initiative relève avant tout du symbole, ses répercussions, elles, sont bien réelles, notamment au sein des diasporas maghrébines où les tensions identitaires restent vives.
Depuis cet événement, les autorités comme les organisateurs culturels redoutent l’irruption de revendications politiques dans des espaces dédiés au divertissement. Les concerts, en particulier ceux fédérant un public maghrébin, sont désormais considérés comme des scènes potentielles d’expression militante. La perspective de voir apparaître des drapeaux kabyles lors de cette soirée a manifestement conduit les organisateurs à verrouiller en amont tout risque de débordement.
Sans jamais citer explicitement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, la direction du Casino de Paris assume une ligne de neutralité stricte. Une stratégie de précaution visant à contenir toute politisation et à préserver, coûte que coûte, un cadre exclusivement artistique.