Un seuil symbolique vient d’être dépassé entre Ankara et Rabat. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de leur accord de libre-échange, le volume des échanges commerciaux entre la Turquie et le Maroc a franchi la barre des 5 milliards de dollars. Une progression qui confirme l’accélération des relations économiques bilatérales, mais qui met aussi en lumière un déséquilibre croissant au détriment du Royaume.
Selon les données du ministère turc du Commerce, les échanges ont dépassé 4,9 milliards de dollars en 2024. Les chiffres de l’Assemblée des exportateurs turcs (TIM) indiquent que les exportations turques vers le Maroc ont, à elles seules, franchi les 3,9 milliards de dollars en 2025.
La tendance se confirme en 2026 : en janvier, les exportations turques ont progressé de 18,7 % sur un an, atteignant plus de 305 millions de dollars.
Cette croissance soutenue reflète la forte demande marocaine pour les biens et services turcs, notamment dans les secteurs de l’automobile, du textile, de l’énergie et des matières premières industrielles. Mais elle souligne également un déficit commercial marocain en hausse.
Conscient de cette asymétrie, Rabat a engagé des consultations avec les autorités turques afin d’élaborer des mécanismes correctifs. Des réunions tenues à Ankara et à Rabat ont permis d’esquisser une feuille de route visant à dynamiser les exportations marocaines et à corriger les déséquilibres structurels.
Dans ce contexte, Rabat mise sur un levier clé : l’investissement. Le Maroc met en avant sa stabilité politique et macroéconomique, sa position géographique stratégique aux portes de l’Europe et de l’Afrique, ainsi que la modernité de ses infrastructures.
Rabat voit également plus loin. La perspective de la co-organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 avec l’Espagne et le Portugal constitue un catalyseur d’investissements majeurs dans les infrastructures, les transports, l’hôtellerie et les services.
Pour les entreprises turques, déjà actives à l’international dans les secteurs du BTP et des grands projets, cette échéance représente un marché potentiel considérable.