Le Maroc accélère sa stratégie de diversification touristique avec un objectif clair : ouvrir une ligne aérienne directe entre New Delhi et Casablanca. Un projet encore à l’étude, mais déjà perçu comme un levier décisif pour capter une part plus importante du marché indien, en pleine expansion.
Aujourd’hui, l’équation reste délicate. Avec près de 54 000 visiteurs indiens en 2025, et une projection à 70 000 en 2026, le seuil critique de rentabilité n’est pas encore atteint. Pour Jamal Kilito, la barre est claire : les vols directs deviendront viables à partir de 100 000 visiteurs annuels.
Un cap ambitieux, mais réaliste au regard de la dynamique actuelle. Car malgré l’absence de liaison directe, la demande progresse de manière continue, preuve d’un intérêt croissant des touristes indiens pour la destination Maroc.
Le principal frein reste logistique. Aujourd’hui, rejoindre le Maroc depuis l’Inde impose des escales longues via l’Europe ou le Moyen-Orient, allongeant les trajets et renchérissant les coûts.
L’ouverture donc d’une ligne directe permettrait un double effet immédiat à savoir la réduction significative du temps de trajet et la baisse des prix des billets grâce à une meilleure compétitivité.
Pour les professionnels du secteur, le déclic est là. Une liaison directe transformerait un marché de niche en flux touristique structuré.
Le Maroc ne part pas de zéro. Le pays bénéficie déjà d’une visibilité croissante en Inde, portée notamment par l’industrie de Bollywood, qui utilise régulièrement ses décors naturels et patrimoniaux.
Des villes comme Marrakech, Fès, Casablanca, Rabat ou Tanger s’imposent progressivement comme des destinations prisées, mêlant exotisme, patrimoine et diversité des paysages.
Derrière ce projet aérien, c’est une vision plus large portée par Office National Marocain du Tourisme : positionner le Maroc comme une destination premium sur le marché indien.
Au-delà du tourisme, la ligne directe New Delhi–Casablanca s’inscrit dans une logique plus large : renforcer les liens économiques et culturels entre le Maroc et l’Inde.
L’Inde, avec sa classe moyenne en forte croissance et son appétence pour les voyages internationaux, représente un gisement stratégique encore sous-exploité.
Le lancement de cette ligne directe n’est plus une question de principe, mais de timing. Tant que le seuil des 100 000 visiteurs annuels ne sera pas atteint, les compagnies aériennes resteront prudentes.
À terme, la liaison directe entre New Delhi et Casablanca apparaît moins comme une option que comme une évolution inévitable.