Si vis pacem, para bellum. Préparer la guerre pour préserver la paix. La maxime de Végèce n’a jamais semblé aussi actuelle au Maghreb. Dans un contexte régional sous haute tension, le Maroc accélère méthodiquement le renforcement de son arsenal défensif, tandis qu’à Alger, le pouvoir paraît de plus en plus tenté par la fuite en avant. Selon des sources bien informées, une escalade militaire pourrait séduire certains cercles du régime algérien, non pour gagner une guerre, mais pour exporter une crise interne devenue explosive.
Ces dernières semaines, les signaux se sont multipliés. Washington a officiellement autorisé la vente au Maroc de 30 missiles air-air AIM-120C-8 AMRAAM, pour près de 88 millions de dollars, destinés à renforcer la flotte de F-16 Block 72. Des missiles de dernière génération, capables d’engager des cibles à moyenne portée avec une précision redoutable. Le message est clair : le ciel marocain ne sera pas une zone grise.
Dans le même temps, les États-Unis ont notifié au Congrès un projet de vente autrement plus massif : 600 missiles sol-air portables FIM-92K Stinger Block I, pour un montant estimé à plus 900 millions de dollars. Déployables rapidement, autonomes, conçus pour neutraliser des menaces à basse altitude, ces systèmes renforceraient considérablement la défense aérienne de proximité du Royaume, face notamment à la prolifération des drones et aux tactiques asymétriques.
Washington insiste : il s’agit de soutenir un allié majeur hors OTAN, pilier de stabilité en Afrique du Nord. Rabat, jugé capable d’intégrer et de sécuriser des technologies sensibles, consolide ainsi une interopérabilité stratégique avec ses partenaires occidentaux.
Barak MX : le verrou israélien
À ces acquisitions américaines s’ajoute un autre tournant majeur : l’activation du système de défense aérienne Barak MX, de conception israélienne. Selon des données satellitaires et des rapports spécialisés, le système serait désormais opérationnel. Capable d’intercepter avions, missiles de croisière, missiles balistiques et drones jusqu’à 150 km, le Barak MX offre au Maroc une défense multicouche de nouvelle génération.
Son déploiement dans des zones stratégiques, nord du pays et Sahara, modifie profondément la donne. Face à une Algérie équipée de systèmes russes comme le S-300, Rabat a fait le choix de la diversification technologique, croisant solutions occidentales et israéliennes. Une stratégie pragmatique, tournée vers la dissuasion, pas la provocation.
Une industrie de défense qui émerge
Plus révélateur encore : le Maroc ne se contente plus d’acheter, il produit. L’ouverture à Benslimane d’une usine de BlueBird Aero Systems, première implantation industrielle israélienne de défense en Afrique du Nord, marque une rupture. Drones SpyX, intégration de compétences locales, chaînes d’approvisionnement mondiales : Rabat construit patiemment une base industrielle et technologique de défense.
À cela s’ajoutent la modernisation des C-130H avec L3Harris, l’acquisition d’hélicoptères Airbus H225M pour les missions de recherche et sauvetage, et une montée en gamme générale des forces armées. Une armée modernisée, interopérable, pensée pour prévenir, non pour conquérir.
Alger, la tentation de la fuite en avant
En face, le contraste est saisissant. L’Algérie traverse une crise économique sévère, minée par la dépendance aux hydrocarbures, l’érosion des réserves et une colère sociale latente. Plus grave encore : selon plusieurs sources, le malaise s’accentue au sommet de l’État, entre le président Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major Saïd Chengriha. Une rivalité feutrée, mais réelle, qui fragilise un régime déjà sous pression.
Dans ce contexte, la tentation d’un durcissement militaire externe n’est plus un tabou. Créer une tension régionale, désigner un ennemi, détourner l’attention : les recettes sont connues. Mais elles sont dangereuses.
Le Maroc, lui, avance sans bruit, mais avec détermination. Sa doctrine est claire : dissuasion, défense, stabilité. En renforçant son arsenal aérien et anti-aérien, en modernisant ses forces et en bâtissant une industrie locale, Rabat se prépare à l’éventualité du pire pour éviter qu’il n’advienne.