Ryanair ne mâche pas ses mots. La première compagnie low-cost européenne a de nouveau ciblé l’Espagne, tout en saluant ouvertement le Maroc pour sa politique jugée « favorable à la connectivité et à la croissance économique ». Un contraste assumé, mis en scène de façon provocatrice par son emblématique patron Michael O’Leary.
Dans un message adressé à Aena, le gestionnaire des aéroports espagnols, Ryanair avertit : « Nous affecterons nos avions à des destinations à fiscalité plus avantageuse ». Pour appuyer son propos, la compagnie a diffusé une image volontairement ironique : un tableau d’affichage affichant Maroc 2 – Espagne 0, accompagné de la légende cinglante : « But contre son camp ! Le tourisme marocain triomphe. »
Depuis plusieurs mois, Ryanair accélère son expansion vers l’Afrique, avec le Maroc comme tête de pont stratégique. Dernière annonce en date : l’ouverture d’une cinquième base à Rabat, équipée de deux avions, et le lancement de 20 lignes pour l’été 2026, dont sept totalement inédites. Une offensive ambitieuse, même si la rentabilité de certaines liaisons reste incertaine.
Pour s’imposer, la compagnie irlandaise déploie ses méthodes éprouvées : marketing agressif et tarifs cassés, afin de stimuler la demande et remplir ses avions. Une stratégie destinée aussi à compenser les performances plus mitigées sur certaines lignes existantes vers Fès, Marrakech ou Nador.
À l’inverse, la situation se détériore en Espagne, pourtant l’un des marchés historiques et majeurs de Ryanair. En pleine confrontation avec Aena, la compagnie a annoncé la suppression de plus d’un million de sièges pour l’hiver 2025, suivie de 1,2 million de sièges en moins pour l’été 2026.
Les régions espagnoles paient le prix fort. Les aéroports des Asturies, de Saint-Jacques-de-Compostelle, de Vigo et de Saragosse figurent parmi les plus lourdement touchés. Ryanair accuse le gouvernement espagnol d’« abandonner ses régions » en proposant des incitations jugées dérisoires pour attirer le trafic aérien.
Au-delà du clash médiatique, le message est clair : le Maroc gagne du terrain dans la compétition aérienne régionale, pendant que l’Espagne recule. En capitalisant sur une politique incitative et une vision orientée croissance, Rabat attire les avions… et les touristes.
Pour Ryanair, le score est sans appel. Et dans cette partie à haute altitude, le Maroc semble avoir marqué un but décisif, pendant que l’Espagne s’emmêle les ailes.