Le rapport de force diplomatique est en train de basculer. Face au rouleau compresseur américain, qui pousse vers un accord favorable au Maroc sur le dossier du Sahara occidental, les dirigeants algériens ont revu leur copie dans l’urgence.
Selon des sources diplomatiques algériennes impliquées dans le suivi du dossier, aussi bien à El Mouradia qu’au sein de l’état-major, le constat serait désormais partagé : la proposition marocaine d’autonomie sous souveraineté du royaume a de fortes chances de s’imposer. Sous la pression de l’administration de Donald Trump, Alger n’aurait d’autre choix que de céder… au moins provisoirement.
Mais rien n’est joué sur le fond. Car, dans ce dossier, tout se décide dans les détails.
D’après ces mêmes sources, l’objectif d’Alger serait désormais d’influencer la phase de mise en œuvre du plan d’autonomie, en tentant d’y insérer des mécanismes susceptibles de préserver ses leviers indirects d’influence.
Sur plusieurs points clés, Rabat aurait déjà marqué des avancées significatives. Le président du Conseil régional serait officiellement nommé par le Roi après son élection. Le droit de vote serait accordé à l’ensemble des résidents de la région, sans distinction. Enfin, un compromis institutionnel prévoirait un partage du pouvoir entre trois composantes : les Sahraouis marocains, les anciens membres du Front Polisario et les résidents originaires du nord du royaume. Un mécanisme conçu pour empêcher toute décision unilatérale sans l’adhésion d’au moins une des trois parties.
Dans ce contexte jugé critique, Alger aurait sollicité l’expertise de partenaires extérieurs. Selon des informations obtenues par Maghreb-Intelligence, des conseillers iraniens ainsi que des membres du Hezbollah auraient suggéré aux négociateurs du Polisario d’exiger que la gestion des investissements étrangers relève des compétences locales, en coordination avec les autorités régionales, et non exclusivement de la souveraineté marocaine.
Lors des rencontres de Madrid et de Washington, la délégation du Polisario aurait insisté lourdement sur ce point. Rabat aurait opposé un refus catégorique.
La stratégie évoquée viserait à investir le champ économique si le levier politique venait à se refermer. Des capitaux algériens pourraient, selon ces sources, être injectés sous forme d’investissements directs étrangers via des sociétés écrans, afin de prendre position dans des secteurs stratégiques de la future région autonome.
L’expérience du Hezbollah au Liban servirait, selon cette analyse, de modèle : consolider une influence structurelle dans les institutions locales et dans l’économie, pour peser durablement sur les équilibres internes.
Le bras de fer change donc de terrain. Si l’issue politique semble se dessiner, la bataille des mécanismes d’application, elle, ne fait que commencer.