Exclusif. Abdelouahab Boukrouh, un conseiller de la Présidence algérienne qui faisait le « Khabardji » pour les Qataris à Alger

L’opérateur de téléphonie Mobile, Ooredoo, bras armé de la stratégie du soft Power du Qatar sur la scène internationale, est au cœur d’un énorme scandale politique. Le Qatari Bassam Yousef Al Ibrahim, installé dans ses fonctions à la tête d’Ooredoo Algérie à la fin du mois de février dernier, a entretenu des relations très troublantes avec plusieurs hauts responsables de l’Etat algérien notamment quelques conseillers de la Présidence de la République et parmi lesquels, un certain Abdelouhab Boukrouh, l’un des cadres du services de communication de la présidence algérienne.

Abdelouahab Boukrouh et Bassam Yousef Al Ibrahim se sont rencontrés plusieurs mois entre le mois de mars et août dernier. Le DG qatari d’Ooredoo Algérie a obtenu plusieurs informations précieuses sur le fonctionnement de la Présidence algérienne et l’évolution des rapports de force entre les diverses composantes du pouvoir algérien grâce à Abdelouahab Boukrouh, anciennement journaliste et très proche de toutes les administrations de l’opérateur de téléphonie mobile Ooredoo Algérie. Et pour cause, avant de rejoindre le camp d’Abdelmadjid Tebboune, Abdelouhab Boukrouh avait fondé un média arabophone en ligne et bénéficiait d’une importante manne publicitaire de la part d’Ooredoo Algérie en contrepartie de plusieurs campagnes promotionnelles favorables au soft power Qatari en Algérie.

Dés sa nomination à la présidence de la République à la suite de la désignation d’Abdelmadjid Tebboune comme Chef d’Etat le 12 décembre 2019, les « qataris » ont recouru naturellement aux services de leur vieil ami Abdelouhab Boukrouh. Le courant est vite passé entre Bassam Yousef Al Ibrahim et Boukrouh. Les deux hommes se rencontraient très discrètement dans plusieurs endroits résidentiels à Alger. Boukrouh faisait croire aux autorités algériennes qu’il devait conseiller Tebboune sur plusieurs dossiers économiques stratégiques en sa qualité d’ancien journaliste de la rubrique économie.

Du bluff car Boukrouh « vendait » des informations aux qataris pour les guider dans cette jungle sauvage qui est devenue l’Algérie post-Bouteflika. Les services secrets algériens vont rapidement découvrir la supercherie et le qatari Bassam Yousef Al Ibrahim a été « grillé » et dénoncé. Les autorités qataries organisent son départ d’Alger depuis le début du mois de septembre passé avant que le régime algérien ne réclame sa tête. Quand à Abdelouhab Boukrouh, la Direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) des services secrets algériens a préféré pour le moment ne pas agir en attendant de connaître le sort définitif de Tebboune encore hospitalisé en Allemagne. Du sursis momentané pour le « Khabardji » du Palais Présidentiel d’El-Mouradia…

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