Selon des informations recueillies par Maghreb Intelligence, l’Union européenne figure parmi les premiers partenaires à avoir engagé une réflexion interne sur son maintien en tant que sponsor de la Coupe d’Afrique des nations, après les graves incidents survenus lors de la finale Maroc–Sénégal. Les faits constatés sur le terrain lors de cette rencontre, marqués par une forte agressivité et des débordements, ont constitué le point de départ de cette remise en question, en raison de leur incompatibilité avec les standards d’image et de valeurs portés par les partenariats institutionnels européens.
Ces événements ont ensuite été suivis de répercussions directes dans plusieurs villes européennes, notamment à Paris et à Bruxelles, où des confrontations entre supporters ont été enregistrées dans les heures ayant suivi la finale. Ces incidents, largement relayés dans l’espace médiatique européen, ont contribué à élargir la problématique au-delà du cadre sportif, en faisant émerger une dimension d’ordre public et d’image institutionnelle sur le sol européen.
Or, le partenariat entre l’Union européenne et la Coupe d’Afrique des nations avait été conçu à l’origine comme un levier de soft power positif, inscrit dans une logique de coopération Afrique–Europe. Selon les éléments officiels, cet accompagnement visait à promouvoir des messages liés à la jeunesse, à l’inclusion, à l’égalité, à la paix, à la lutte contre les discriminations, ainsi qu’à une migration légale et encadrée, en s’appuyant sur la portée populaire du football. D’après nos sources, les événements de la finale et leurs prolongements en Europe ont été perçus, en interne, comme allant à rebours de ces objectifs, exposant l’Union européenne à des images et à des tensions difficilement conciliables avec le cadre normatif et symbolique du partenariat.
Selon nos informations, c’est dans ce contexte que la Direction générale de la Communication (DG COMM) de l’Union européenne, en lien avec les services chargés de l’évaluation des partenariats stratégiques, a produit un rapport interne d’analyse d’impact réputationnel. Sans qu’aucun détail officiel n’ait été rendu public, ce document aurait conclu que l’accompagnement institutionnel de cette édition de la CAN générait davantage de risques pour l’image de l’Union européenne que de bénéfices, notamment au regard des événements sur le terrain et de leurs répercussions en Europe.
À ce stade, selon nos informations, les interrogations ne se limitent plus au seul partenaire institutionnel européen. D’autres sponsors murmurent également en interne sur l’impact des événements de la finale sur leur image. Des discussions discrètes seraient notamment engagées chez TotalEnergies, sponsor officiel de la compétition, ainsi que chez Apsonic, dont le logo figurait de manière particulièrement visible sur les panneaux publicitaires apparaissant dans plusieurs images largement relayées lors de l’invasion du terrain par des supporters sénégalais et des scènes de violence associées. Selon nos sources, cette exposition non maîtrisée aurait mécaniquement associé certaines marques à des faits qu’elles ne contrôlaient pas, nourrissant des questionnements internes sur le risque réputationnel induit par la compétition.
La position de l’Union européenne est désormais observée avec attention par l’ensemble de l’écosystème des partenaires, institutionnels comme commerciaux. Dans ce type de configuration, une remise en question initiée par un acteur institutionnel majeur constitue souvent un signal avancé, susceptible d’influencer d’autres arbitrages, alors même que les décisions des organes compétents de la Confédération africaine de football face aux événements de la finale se font toujours attendre.
À ce stade, aucune décision officielle n’a été annoncée. Mais le fait que l’Union européenne, partenaire récent et hautement symbolique de la Coupe d’Afrique des nations, engage une réflexion sur son engagement, d’abord à la suite des incidents sur le terrain, puis en raison de leurs répercussions en Europe, marque un tournant discret mais significatif pour une compétition désormais confrontée à des exigences accrues en matière d’image, de maîtrise et de crédibilité auprès de ses sponsors.