Le Maroc a enregistré en 2025 un niveau inédit d’importations de pistaches, confirmant l’essor rapide de la consommation de ce fruit sec dans le pays. Selon les données publiées par EastFruit, les achats marocains ont dépassé pour la première fois la barre des 4 000 tonnes, atteignant 4 050 tonnes pour une valeur totale de 33,9 millions de dollars.
Ce volume représente une progression de 27,5 % par rapport à 2024 et constitue un record historique. La tendance s’inscrit dans une dynamique de croissance continue : depuis 2019, les importations de pistaches ont été multipliées par 11,5, avec un rythme moyen annuel avoisinant les 50 %.
Les États-Unis dominent largement ce marché. En 2025, ils ont assuré à eux seuls 92 % des approvisionnements du Maroc. Derrière ce leader incontesté, la Turquie consolide sa place de deuxième fournisseur, avec des exportations vers le royaume multipliées par 3,5 en un an. L’Iran complète le trio de tête, mais reste marginal avec 2,2 % des importations.
Cette explosion de la demande traduit l’évolution des habitudes de consommation au Maroc, où les fruits secs gagnent du terrain, notamment dans la distribution moderne et l’industrie agroalimentaire. Mais elle met également en lumière la forte dépendance du pays vis-à-vis des importations pour ce produit.
Face à cette situation, les autorités marocaines cherchent à encourager le développement d’une filière nationale. Dans le cadre de la stratégie agricole Génération Verte 2020‑2030, la culture de la pistache a été identifiée comme une piste prometteuse pour diversifier les productions agricoles dans les zones arides et semi-arides du pays.
Cette orientation s’appuie sur les caractéristiques agronomiques de la pistache, un arbre particulièrement résistant à la sécheresse et adapté aux conditions climatiques difficiles, ce qui en fait une option stratégique dans un contexte de stress hydrique croissant.