Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement et de l’évaluation des politiques publiques, n’a pas fait dans la dentelle la semaine dernière. D’un trait de plume, il propulse sa directrice de cabinet, Dalal Menni, à la tête d’une direction stratégique, à savoir celle de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques. Une promotion éclair, version express, qui en a laissé surpris plus d’un.
Dans les couloirs des ministères comme au sein du RNI d’Aziz Akhannouch, le malaise est palpable. Le constat revient en boucle : un poste aussi sensible pour un profil jugé léger, c’est un pari pour le moins risqué. Certains parlent même d’un saut sans parachute… pour le ministère.
Il ne s’agit pas d’un procès d’intention contre Dalal Menni. Mais son CV interroge. Trois passages en cabinets ministériels avec Mohammed Sadiki, Mohcine Jazouli, puis Karim Zidane et puis quoi ? Une trajectoire administrative classique, sans fait d’armes marquant, propulsée aujourd’hui au sommet d’une direction névralgique.
Le timing intrigue encore plus. Zidane est donné partant après les échéances du 23 septembre. Elle, en revanche, s’installe durablement dans l’appareil. De quoi inquiéter sérieusement les cadres du ministère, qui redoutent déjà des décisions lourdes prises sans l’expertise requise.
Dalal Menni aime mettre en avant son titre d’ingénieure, diplôme de l’ESCA en poche. Son autre carte ? Porte-parole du RNI lors de la campagne de 2021. Un capital politique qui semble avoir payé. Très bien vue par Aziz Akhannouch, elle bénéficie d’un soutien sans faille. Mais en interne, même les plus indulgents reconnaissent que cette fois, la générosité a franchi un cap.
Au sein du parti, un mot revient avec insistance : rente. Et avec lui, une vieille critique qui refait surface, celle de la nomination même de Karim Zidane. Un ministre « hors sol » venu d’ailleurs, longtemps installé en Allemagne, dont l’ancrage militant au sein du parti fondé par Ahmed Osmane reste, pour beaucoup, difficile à cerner.
« C’est un très mauvais signal », lâche un jeune cadre du RNI. « Zidane décide, Akhannouch valide. Et les militants dans tout ça ? Et les citoyens ? »
Dans un contexte où la crédibilité des institutions est scrutée à la loupe, ce genre de nomination ressemble moins à une stratégie qu’à un test de résistance. Reste à savoir qui en paiera le prix.