La filière oléicole marocaine encaisse un double choc. Pour la campagne 2025/2026, la production nationale d’huile d’olive est désormais attendue entre 160 000 et 180 000 tonnes, loin des plus de 250 000 tonnes initialement anticipées. Une révision brutale qui confirme une saison sous tension.
Cette correction à la baisse s’explique d’abord par des conditions climatiques défavorables qui ont pesé lourdement sur les rendements.
Entre le printemps et l’été, des températures exceptionnellement élevées, notamment en juillet et août, ont provoqué un stress hydrique sévère dans plusieurs bassins oléicoles, avec pour conséquence des fruits plus petits, des oliviers affaiblis et une production d’huile mécaniquement réduite.
À ce facteur se sont ajoutées une pluviométrie déséquilibrée, une sécheresse estivale persistante et des pluies torrentielles et inondations en hiver. Un cocktail climatique instable qui a perturbé tout le cycle agricole, de la floraison à la récolte.
Sur le terrain, les difficultés se sont accumulées. Les intempéries hivernales ont freiné les opérations de récolte, notamment dans les zones les plus productives. À cela s’ajoute une pénurie de main-d’œuvre, devenue structurelle dans le secteur agricole.
Cela a eu pour conséquence directe, des chutes massives de fruits et des pertes supplémentaires de rendement. La campagne s’est révélée ainsi comme l’une des plus irrégulières de ces dernières années.
Fait marquant, cette baisse de production s’accompagne d’un recul spectaculaire des prix. L’huile d’olive extra vierge se négocie aujourd’hui autour de 60 dirhams le litre, contre plus de 100 dirhams lors de la campagne précédente.
Malgré cette conjoncture difficile, certains acteurs du secteur entrevoient une fenêtre d’opportunité. La baisse des prix pourrait en effet redonner de la compétitivité à l’huile d’olive marocaine, notamment à l’export.
La saison 2025/2026 agit ainsi comme un révélateur : le modèle oléicole marocain doit s’adapter, entre impératif climatique et exigence de compétitivité.