Selon des révélations du quotidien sportif espagnol AS, les coulisses de cette finale Maroc–Sénégal dessinent les contours d’un scénario bien moins spontané qu’annoncé dans la presse. Il s’agit d’une mécanique progressive, faite de choix contestables, de tensions entretenues et d’un point de rupture soigneusement exploité.
Dès l’arrivée des Lions de la Teranga à Rabat, les premiers signaux apparaissent. Informée des risques logistiques liés au transport ferroviaire, la délégation sénégalaise aurait ignoré les recommandations de la CAF et des autorités marocaines, qui proposaient des alternatives sécurisées. Pour plusieurs sources proches du dossier, citées par AS, ce refus n’a rien d’anodin : il s’inscrirait dans une stratégie de mise sous pression narrative, un premier levier dans une séquence plus large.
Autre point de friction : l’hébergement au complexe Mohammed VI. Le Sénégal évoque alors un risque d’« espionnage » et de fuite d’informations tactiques. Mais là encore, les faits contredisent la polémique. Le site, ultra-moderne, dispose de multiples terrains et infrastructures cloisonnées, déjà utilisées simultanément par d’autres sélections sans incident notable. « Les accusations sont techniquement infondées », tranche une source citée par AS. En réalité, l’épisode révèle surtout une montée progressive de la défiance.
Le basculement intervient lors du temps additionnel de la finale. À la 97e minute, un penalty controversé met le feu aux poudres. La réaction sénégalaise est immédiate : une grande partie de l’équipe quitte la pelouse. Le match est interrompu pendant près de trente minutes. Ce que le public voit alors, confusion, tension, images virales, n’est que la surface.
En coulisses, la situation dégénère. Des joueurs diffusent en direct sur les réseaux sociaux, tandis que la CAF tente une médiation dans un climat explosif. Selon des éléments rapportés par AS et corroborés par d’autres sources, des consignes auraient même été données à l’arbitre pour éviter des sanctions disciplinaires contre certains joueurs sénégalais déjà avertis. Une décision lourde de conséquences sur l’équilibre du match.
Résultat des courses : à la reprise, le rapport de force est altéré, la crédibilité de l’arbitrage fragilisée, et l’issue sportive définitivement brouillée.
Pour certains responsables africains, cités en off, l’objectif des Sénégalais était clair. Eviter une défaite nette et déplacer le terrain du match vers celui du contentieux. Une stratégie à haut risque, mais redoutablement efficace. La finale bascule alors d’un événement sportif continental à un incident global, où chaque camp instrumentalise ses griefs.
La CAF, prise en étau, condamne officiellement « des comportements inacceptables » des deux côtés, sans trancher sur le fond. Le Maroc, de son côté, reconnaît certains débordements marginaux, mais dénonce un traitement asymétrique et une construction victimaire méthodique du camp adverse.
Désormais, le dossier dépasse le cadre du football. Il interroge la gouvernance du sport africain, la solidité de ses institutions et leur capacité à résister aux pressions politiques et médiatiques. Car au-delà du trophée, c’est la crédibilité même de la compétition qui se joue.
Une chose est sûre : cette CAN n’a pas encore livré son verdict. Mais elle a déjà laissé une trace durable, celle d’un football africain pris dans ses propres contradictions.