Les dès sont jetées et les jeux sont faits. Le Parti authenticité et modernité (PAM) de Fatima Ezzahra El Mansouri ne veut pas reconduire son expérience avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) et a décidé de renvoyer le parti de Aziz Akhannouch sur les bancs de l’opposition parlementaire.
C’est ce qui a été décidé, tard dans la soirée du vendredi 2 octobre, lors d’une réunion houleuse du Bureau politique du PAM. Cette nouvelle première force politique au Parlement et qui va diriger le futur Exécutif craint qu’associer le RNI dans le prochain gouvernement ne soit très mal accueilli par les Marocains.
En revanche, le PAM opte pour un scénario où la future coalition le réunirait avec le Parti de l’Istiqlal (PI), l’Union socialistes des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), soit les composantes de la Koutla démocratique. Eventuellement, le Mouvement populaire (MP) viendrait en appoint comme l’Union constitutionnelle (UC) de Mohamed Joudar et le Mouvement démocratique et social (MDS) de Abdessamad Archane.
Une telle coalition donnerait une majorité plus que confortable autour du PAM avec quelque 261 sièges, très loin des 198 élus nécessaires pour déboucher sur une majorité absolue à la Chambre des représentants.
En optant pour ce montage, le PAM veut diminuer de la nuisance du Parti de la justice et du développement (PJD) qui va ainsi se retrouver dans l’opposition avec 54 élus en plus des 8 députés de l’Alliance de gauche.
Pour mieux expliciter les choses, le PJD, comme le veut la loi organique de la Chambre des représentants aura le droit de choisir, en premier, la commission qu’il désire présider. Sans surprise aucune, il va opter pour celle de la Justice et de la législation et c’est devant cette commission permanente que seront tranchées plusieurs questions d’ordre sociétal très attendues par les Marocains et en premier lieu la réforme de la Moudawana.
Le rôle que jouera le RNI dans ce sens reste encore aux contours flous. Véritable opposant ou soutien critique ? Nos sources optent pour le dernier cas de figure, les camarades d’Akhannouch étant très peu portés sur une opposition agressive comme celle du PJD de ces derniers temps ou celle de l’USFP d’antan.
D’autre part, et de source très bien informées, Maghreb-Intelligence apprend que le nouveau gouvernement sera nommé par le Roi Mohammed VI en cours de la prochaine semaine, mercredi 7 ou jeudi 8 octobre, soit à la veille de l’ouverture de la nouvelle législature par le Souverain.
Le temps presse de manière vertigineuse. La Chambre des représentants devra élire un nouveau président dès le début de la semaine qui suivra, en l’occurrence la semaine du 12 octobre. Cette même chambre devra, avec celle des conseillers, réceptionner le projet de loi des finances pour 2027 (PLF 2027), comme le stipule la loi, au plus tard le 20 du même mois.