Algérie : Les opposants de « Sainte Paris »

Au moment où l’Algérie court un grand danger en raison des soubresauts politiques qu’elle traverse, les plus importants acteurs de l’opposition algérienne se  rabibochent à Paris le temps d’un « romantique » week-end. Karim Tabou, Zoubida Assoul, Sofiane Djilali, Mohsen Belabbès, Ali Benouari et une dizaine d’autres opposants et activistes politiques algériens ont participé à un regroupement à Paris financé par une entité très controversé. Et c’est le moins que l’on puisse dire. Il s’agit de la chaîne de télévision El-Magharibia appartenant au fils du leader de l’ex-FIS, Abbassi Madani. Un groupe médiatique financé en grande partie par le QATAR à hauteur de 2 millions d’euros par an. La façon de faire est inédite. 

Les billets d’avion, les chambres d’hôtels, les locaux de la réunion, les dîners, les boissons, tout, absolument tout, a été pris en charge par la comptabilité de la chaîne islamiste El-Magharibia qui défend clairement et ouvertement les positions de l’ex-FIS et, surtout, les « bienfaits » du Qatar et de sa diplomatie sournoise. Officiellement, l’ensemble de ces acteurs politiques de l’opposition algérienne ont été conviés à un anniversaire d’El-Magharibia. Une cérémonie organisée dans les studios parisiens de cette télévision qui vit sans la moindre ressource publicitaire. Mais 24 H plus tard, les opposants algériens ont organisé un « mini-sommet » dans les mêmes locaux pour étudier la situation politique actuelle du pays ainsi que les options qu’il faut adopter contre le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. 

Les intentions sont, certes, louables. Mais le mode d’emploi est intriguant, pour ne pas dire inquiétant. Pourquoi l’opposition algérienne a-t-elle besoin du « parrainage » du bras médiatique de la diplomatie du Qatar pour se retrouver, se réunir et militer contre le 5e mandat ? Pourquoi accepter les cadeaux et les financements d’Oussama Madani pour organiser discrètement un « sommet politique » à Paris ? Les questions sont gênantes. Malheureusement, ces opposants n’osent pas reconnaître qu’ils viennent de commettre un impair qui peut les discréditer pendant longtemps. Pis encore, une telle compromission avec les cercles occultes des réseaux islamistes proches de Doha a de quoi soulever de véritables soupçons sur l’honnêteté et sincérité de ces opposants déterminés à renverser le régime de Bouteflika.  Au final, ces opposants de « Saint’e Paris » sont en train de démontrer qu’ils reproduisent des pratiques encore plus occultes que celles de ce « régime » qu’ils prétendent combattre.  En plus, depuis leur confort parisien, ces opposants rêvent de pouvoir inciter le peuple algérien au soulèvement comme en octobre 1988. C’est le scénario qui leur a été insufflé par les propriétaires d’El-Magharibia, des revanchards qui veulent remettre le pays sur les rails de la division comme pendant cette maudite décennie des années 90. Les Algériens ne risquent pas de succomber à cette tentation destructrice. 

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