Comment le général Saïd Chengriha « a mis sous tutelle » le président Abdelmedjid Tebboune

Le jeudi 5 août, le général de corps d’armée Saïd Chengriha, patron de l’Armée Nationale Populaire a eu un entretien téléphonique avec son homologue libanais, le général Joseph Aoun. Selon le communiqué, lors de cet appel téléphonique Saïd Chengriha a présenté ses condoléances au peuple libanais et a informé son homologue que l’armée algérienne était prête à venir en aide au Liban après la tragédie de l’explosion survenue au port de Beyrouth.

Jusque-là tout semblait normal, sauf que le mercredi 4 août, le chef de l’Etat Abdelmedjid Tebboune avait déjà appelé son homologue libanais Michel Aoun et a ordonné suite cet appel l’envoi immédiat d’une aide d’urgence au pays sinistré.

La question que se posent nombre d’observateurs algériens et internationaux est celle de savoir pourquoi l’état-major de l’armée est-il obligé de « dupliquer » certains actions ou paroles du président élu, notamment quand il s’agit de l’international. « L’armée ne croit pas en la stature internationale d’Abdelmedjid Tebboune », explique un ancien d’El Mouradia. « L’actuel président est certes élu, mais il est mal élu et il le sait. Alors même s’il voir l’armée grignoter ses prérogatives ou parasiter ses prises de paroles, il ne dira rien. C’est le deal qu’il a avec l’ANP », ajoute un haut gradé aujourd’hui à la retraite.

En tout cas, les câbles envoyés par les chancelleries occidentales à leurs capitales sont sans concession : « l’Algérie a remplacé un président impotent physiquement par un autre qu’il est intellectuellement ».

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