Crise financière. Vers un scénario libanais en Tunisie ?

Vertigineuse, la dette publique en Tunisie a atteint 92,8 milliards de dinars soit 83.5% du PIB. Les autorités jouent les cowboys, mais le pays semble se diriger droit vers le scénario libanais.

Sur les traces de Moody’s, l’agence Fitch Ratings a rétrogradé la note de défaut émetteur à long terme en devises de la Tunisie de B à B- avec perspectives négatives en raison des risques accrus de liquidité budgétaire et de l’absence d’un accord sur un nouveau programme avec le FMI, indispensable pour accéder à l’appui budgétaire des créanciers officiels, notamment la BM et la BAD.

À l’origine de cette dégringolade continue, l’instabilité politique et les réformes qui tardent à se concrétiser : l’assainissement budgétaire, la maîtrise de la masse salariale et des subventions… Et le mouvement Ennahda, au pouvoir depuis une décennie, y est sûrement pour quelque chose. Maîtres du désordre permanent, les islamistes sont derrière les politiques économiques ratées.

Désormais, la Tunisie se classe en bas de l’échelle des agences de notation et pourrait dans les prochaines semaines atteindre la dernière marche de l’escalier avec une énième rétrogradation. Ainsi, le pays ne sera plus en mesure de recourir à de nouveaux crédits extérieurs et sera rejeté par les institutions financières internationales, ce qui pourrait aboutir au défaut de paiement.

Au vu de la situation actuelle, une nouvelle dégradation de la note souveraine paraît difficile à éviter et les capacités de la Tunisie à faire face à ses engagements financiers s’amoindrissent. Exigé par le Fond Monétaire International, le consensus politique serait l’unique source de salut.

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