Exclusif. Énorme frustration au sein de l’establishment militaire en Algérie à cause des échecs du renseignement extérieur sur le dossier libyen

A Alger, il n’y a pas que le dossier de la maladie de Tebboune qui inquiète particulièrement les hauts responsables de l’Institution militaire. Le brûlant dossier libyen est en train de susciter des sueurs froides aux généraux algériens en raison de l’intervention dans ce pays voisin avec lequel l’Algérie partage plus de 982 KM de frontières de plusieurs puissances étrangères qui accaparent l’attention des parties libyennes reléguant ainsi l’Algérie au second plan, voire aux oubliettes de la géopolitique.

Ce recul stratégique ne s’explique pas par la présence uniquement de grandes puissances régionales et mondiales sur l’échiquier libyen comme la Russie ou la Turquie ainsi que la France. En vérité, les décideurs algériens perdent pied dans le dossier libyen en raison de la médiocrité du renseignement extérieur qui ne leur fait parvenir aucune information stratégique de grande qualité capable d’offrir à l’Algérie une longueur d’avance sur ses adversaires et concurrent.

Pis encore, les dernières rapports établis par la direction de la documentaire et de la sécurité extérieure (DDSE) dirigée par le général Bouzit Youcef ont comporté plusieurs contre-vérités et des erreurs d’appréciation qui induit en erreur Tebboune et les autres dirigeants militaires de l’ANP. Ces erreurs ont été signalées à maintes reprises par le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukhadoum qui a été contraint d’intervenir régulièrement pour corriger le tir et apporter à Tebboune et ses généraux la véritable information traduisant l’évolution du conflit libyen.

Mais le général Bouzid Youcef a été totalement discrédité depuis l’avènement du Maroc dans le dossier libyen qui a volé la vedette au voisin algérien en accueillant le 6 septembre dernier des pourparlers entre les diverses parties libyennes. Les dirigeants militaires de l’ANP n’avaient pas du tout compris comment le Maroc a pu se placer sur l’échiquier dans une telle position aussi privilégiée sans que les services du général Bouzit Youcef ne puissent les en informer ! Le renseignement extérieur algérien n’a pas pu anticipé également La nomination le 19 août du Marocain Mohamed Aujjar à la tête de la Mission onusienne d’établissement des faits en Libye (FFML) donne à l’évidence du crédit à la position marocaine. Une autre déconfiture pour des services secrets qui perdent leur relais précieux dans ce pays voisin et stratégique pour l’Algérie. Ces dernières semaines, le remplacement du général Bouzid Youcef était à l’ordre du jour à la suite de toutes ces mauvaises performances. Mais la maladie de Tebboune et son hospitalisation à l’étranger a fini par retarder et geler ce projet en attendant le retour du Président ou l’avènement d’un nouveau centre de décision à Alger.

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