Exclusif. La Chine refuse de s’impliquer dans le conflit algéro-marocain et se désintéresse du projet de Ghara Djebilet

Le méga-projet de l’exploitation du gisement de fer de Ghara Djebilet classé comme une priorité nationale par le gouvernement algérien patine et ne connaît aucun avancement majeur. Les investisseurs chinois approchés par Alger ont décidé de prendre leur distance avec ce projet en raison de sa dimension politique sulfureuse, a-t-on appris de sources proches de l’ambassade de Chine à Alger.

Selon nos sources, les autorités chinoises ont dissuadé leurs entreprises de s’impliquer grandement dans ce projet pour ne pas froisser le Maroc et compromettre les intérêts chinois sur le marché marocain. A Pékin, les dirigeants chinois veulent à tout prix rester neutres dans ce conflit algéro-marocain qui n’arrange guère sa vision globale du Maghreb, une vision basée sur le pragmatisme économique.

Selon nos informations, les autorités chinoises n’ont pas beaucoup apprécié que ce projet économique voulu par Alger se retrouve au coeur d’un différend politique majeur entre l’Algérie et le Maroc. En effet, selon la Déclaration maroco-algérienne faite à Rabat le 15 juin 1972 portant sur le tracé des frontières et signée par Hassan II et Houari Boumediene, l’exploitation de la mine Ghara Djebilet devait être confiée à une société mixte des deux pays. Selon les termes de la convention bilatérale, le gisement situé à près de 140 km au sud-est de Tindouf, point sensible du conflit au Sahara occidental, se trouve sous la « souveraineté » des Algériens, mais le Maroc dispose de « possibilités d’évacuation et d’embarquement du minerai de fer par un port marocain situé sur l’Atlantique » qu’il devrait offrir à l’entreprise mixte.

Face à cet accord qui confère au Maroc un « droit de regard » sur ce projet, Pékin n’a pas voulu mettre les pieds dans le plat et préfère conserver sa neutralité historique dans les tensions algéro-marocaines. C’est pour cette raison, insistent nos sources, que le projet Ghara Djebilet n’a pas pu progresser ces derniers mois et qu’aucun financement chinois n’a été proposé à Alger pour lancer définitivement les travaux d’exploitation de ce gisement prometteur qui se retrouve ainsi dans une situation de blocage jugée très irritante au Palais Présidentiel d’El-Mouradia.

Pour rappel, fin mars 2021, les autorités algériennes ont conclu un accord avec un consortium composé d’entreprises chinoises pour développer le grand projet de fer Ghara Djebilet. Après de multiples tentatives infructueuses, Alger semble convaincu qu’il concrétisera cette fois un rêve qu’il nourrit depuis des décennies. Or, ce rêve ne semble pas séduire grandement les partenaires chinois qui ont peur des conséquences sur leur business de ces permanentes tensions algéro-marocaines.

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