Exclusif. La jeune armée électronique des islamistes du MSP inquiète les autorités algériennes

Ils sont très discrets, mais ô combien efficaces. Depuis l’explosion de la colère populaire contre le 5e mandat et la continuité du régime algérien, les militants du MSP, la plus importante formation politique en Algérie, jouent un rôle majeur et important dans la mobilisation pour les grandes marches du vendredi. Le MSP dispose même d’une puissance et efficace jeune armée électronique qui commence à inquiéter les autorités algériennes. Des pages Facebook très influentes et des puissants lobbyistes ont commencé un véritable travail d’embrigadement  et de sensibilisation pour renforcer les rangs des foules algériennes mobilisées contre le régime en place. Mieux encore, les jeunes du MSP ne se contentent pas d’investir les réseaux sociaux. Au contraire, beaucoup d’entre eux s’activent pour s’imposer comme des leaders encadrant les manifestants en propageant des slogans fidèles à leur ligne politique. Sans afficher leur couleur politique ni leur obédience idéologique, les jeunes soldats du MSP reproduisent sur le terrain algérien la précieuse formation qu’ils ont acquise depuis 2008 dans des centres d’entraînement en Tunisie et en Turquie.

Des formations de leadership qui consistent à apprendre aux militants politiques à encadrer un mouvement populaire. Des formations officiellement effectuées dans des académies de promotion des valeurs du civisme financés par des deniers des fonds émiratis ou qataris.  Ces dernières années, le MSP a beaucoup communiqué à l’étranger au sujet des capacités de ces jeunes militants à s’enraciner dans les mouvements de contestation populaire. L’expérience de terrain de ses militants a même été saluée dans plusieurs rencontres organisées dans les autres pays arabes. Officiellement, ce militantisme actif s’inscrit dans le but de provoquer un « éveil citoyen et une renaissance de la nation ». Mais derrière ce slogan trompeur se trouvent des considérations politiques qui poussent les foules à se rebeller intelligemment et pacifiquement contre les gouverneurs.

Plusieurs rapports des services algériens ont mis en exergue la puissance nuisible des réseaux du MSP. C’est, d’ailleurs, l’une des raisons qui poussent une grande partie du régime algérien à ne pas envisager la tenue des futures élections présidentielles dans un délai raisonnable. Un scrutin ouvert, transparent et légal pourrait permettre facilement une victoire du courant islamiste et à sa tête le MSP en raison du poids de ses structures et de l’intelligence de ses maillages autour de la société. Et ce scénario fait peur, très peur à Alger.

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