Exclusif. L’acquisition des armes turques suscite la division au sein du régime algérien

Les armes made in Turquie deviennent une véritable pomme de discorde au sein du régime algérien notamment au sein de l’institution militaire où l’acquisition de ces armes ne suscite pas l’unanimité. Depuis l’arrivé au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune, le régime algérien a opéré un rapprochement controversé avec Ankara et le régime Erdogan. La fascination de Tebboune pour la Turquie a, néanmoins, suscité de nombreuses polémiques sur cette proximité voulue par Tebboune avec Ankara. Dans de nombreux secteurs économiques, les entreprises turques ont commencé à rafler des marchés stratégiques. Mais dans le secteur de la Défense nationale, la percée de la Turquie soulève des problèmes. Officieusement l’Algérie s’est lancée dans des négociations approfondies pour acquérir des véhicules blindés turcs de type Kirpi et Foran, des systèmes de radar et de surveillance, aux systèmes de vision nocturne, aux gilets pare-balles, aux uniformes militaires et aux radios ainsi qu’aux fameux drones turcs qui défraient la chronique sur les champs de batailles.

Ces négociations n’ont pas encore abouti à des annonces officielles en raison, certifient nos sources, des hésitations et craintes soulevées par de nombreux dirigeants militaires algériens. La proximité de la Turquie avec l’Occident et son rôle actif au sein de l’OTAN ne plaisent pas à plusieurs généraux algériens de l’Etat-Major de l’Armée comme ceux des services de renseignement. Les militaires algériens craignent un espionnage massif des installations et infrastructures militaires algériennes par les services turques en exploitant les brèches qui s’ouvriraient grâce à des transactions militaires.

Par ailleurs, les ambitions régionalistes et expansionnistes d’Ankara font peur aux militaires algériens qui ne veulent pas dépendre d’un armement turc au cas où une reconfiguration majeure des rapports de force s’opèrent aux frontières du pays. Notons enfin que de nombreux dignitaires algériens doutent de la sincérité du partenariat avec la Turquie et soupçonne Erdogan de jouer un double jeu avec le Maroc, l’adversaire juré du régime algérien. Certaines thèses circulent à Alger concernant le scénario cauchemardesque d’un cheval de Troie turc au sein de la Défense Nationale en Algérie qui pourrait servir ensuite au Maroc en cas de conflit ouvert entre les deux pays du Maghreb. En clair, Erdogan et les dirigeants turcs n’inspirent pas confiance aux militaires algériens. Tebboune tente de désamorcer cette angoisse en multipliant les rencontres et les réunions avec les dirigeants militaires pour les sensibiliser sur l’importance d’un partenariat fort avec la Turquie. Une mission délicate qui génère de nombreuses complications pour le Palais Présidentiel d’El-Mouradia notamment en cette période cruciale pour un Président algérien qui amorce le dernier virage de son mandat présidentiel.

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