Exclusif. Pourquoi l’état-major de l’armée algérienne veut garder la main sur l’affaire de la cocaïne du Port d’Oran

La plus grosse saisie de cocaïne de l’histoire de l’Algérie suscite un énorme branle-bas de combat au sommet du pouvoir algérien. Pour éviter les fuites et les interventions politiques qui pourraient brouiller les pistes menant aux véritables acteurs de ce réseau mafieux à l’origine de cette marchandise inédite, l’état-major de l’armée algérienne a demandé officiellement aux services de la présidence de la République que les investigations sur cette affaire restent uniquement cantonnées aux directions de l’armée.

L’objectif est d’empêcher que les moindres faits ne permettent aux cercles mafieux d’effacer des traces et des indices importants. Par ailleurs, l’état-major de l’armée algérienne considère cette tentative d’introduire une telle quantité de cocaïne comme une « agression contre la sécurité du pays ». Une opération aussi sophistiquée ne peut qu’être menée par des réseaux structurés aux ramifications internationales. Selon nos sources, les militaires algériens n’ont pas du tout apprécié que l’enquête judiciaire soit confiée au pôle judiciaire spécialisé du tribunal d’Oran.

Noyauté par les réseaux affairistes, ce tribunal est empêtré dans plusieurs affaires de corruption. Une telle affaire de drogue dépasse de loin la compétence du pôle judiciaire d’Oran, au risque de voir étouffé ce scandale en épargnant les véritables caïds à l’origine de la commande des 650 kilos de cocaïne.

Une prise évaluée à près de 150 millions d’euros. Les enjeux dépassent donc un simple réseau de dealers et engage les réseaux mafieux au niveau international. Pour l’heure, le ministère algérien de la Justice a transmis une ordonnance qui intime l’ordre au tribunal d’Oran de prendre en charge ce dossier pour le moins délicat. Une instruction qui a fortement déplu aux autorités militaires, lesquelles avaient souhaité que le dossier soit transmis à un tribunal militaire capable d’assurer la discrétion et la préservation du secret, sans avoir à subir l’influence des lobbies politiques.

L’état-major de l’armée algérienne est donc revenu à la charge pour reprendre l’affaire en main. Sur le plan opérationnel, ce sont les agents de la Direction de la sécurité intérieure (DSI), conduits par le général Abdelkhader, qui mènent l’enquête sur les origines de cette drogue. De nombreuses arrestations ont été annoncées, et les interrogatoires ont commencé, notamment avec les importateurs de la cargaison transportant la cocaïne, la famille Chikhi, plus gros importateurs de viande surgelée en Algérie.

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