Exclusif. Nouvelle crise entre l’Algérie et la Suisse : l’ambassadeur suisse à Alger persona non grata 

Les relations algéro-suisses ont basculé dans une nouvelle crise. Des tensions perdurent entre les deux pays depuis 2018/2019 date à laquelle les autorités judiciaires suisses ont décidé de relancer la procédure pénale contre l’ex-ministre de la Défense Nationale, Khaled Nezzar, qui est poursuivi devant le Tribunal pénal de la confédération suisse pour crimes contre l’humanité. Mais ces tensions viennent de prendre un nouveau tournant en raison de la nomination d’un ambassadeur suisse à Alger qui présente un profil « dérangeant » aux yeux des autorités algériennes.
Pierre-Yves Fux, le nouvel ambassadeur Suisse à Alger, déplaît effectivement fortement aux autorités algériennes. Nommé fin septembre 2021 dans ses nouvelles fonctions à Alger, le diplomate suisse n’a toujours pas été reçu par le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui a refusé, selon nos sources, de le rencontrer afin de recevoir ses lettres de créances. Pierre-Yves Fux est officiellement persona non grata à Alger, mais la diplomatie suisse s’échine à le maintenir en place en Algérie en signe de protestation contre les « gestes amicaux » formulés par les autorités algériennes ces derniers mois.
Il faut savoir que Pierre-Yves Fux est ambassadeur de Suisse près le Saint-Siège et en Slovénie depuis 2014. Genevois d’origine, il est titulaire d’un doctorat de lettres en langue et littérature latines obtenu à l’Université de Genève.

D’abord chercheur en littérature latine à l’Université de Genève (1992-1994 et 1995-1996) et à l’Institut suisse de Rome, Pierre-Yves Fux est entré en 1996 au service diplomatique de la Confédération où il a suivi les questions liées aux droits de l’homme et à l’humanitaire en Asie-Pacifique (1996-1997).

Il a ensuite travaillé comme attaché à l’ambassade de Suisse en Israël en 1997 et 1998. Plusieurs affectations l’ont envoyé en Iran, au Japon en alternance avec des missions à Berne où il a travaillé, entre autres, comme chef de la division «Moyen-Orient». C’est justement cette expérience israélienne qui a mis dans la gêne les autorités algériennes lesquelles croient savoir que le diplomate suisse nourrit une proximité troublante avec des lobbys israéliens hostiles aux intérêts de l’Algérie. Une accusation gravissime qui a suscité l’incompréhension à Berne où la diplomatie suisse semble refuser de remettre en cause son choix de nouvel ambassadeur pour ménager la susceptibilité des dirigeants algériens.

Ces nouvelles tensions aggravent les malentendus entre les deux pays. La Suisse reproche depuis 2021 à l’Algérie de bloquer le rapatriement de 1500 migrants clandestins en situation irrégulière sur le territoire suisse. Une opération bloquée et empêchée par les autorités algériennes qui continuent de faire du chantage à la Suisse en conditionnant toute coopération bilatérale par l’arrêt des poursuites judiciaires relancées contre Khaled Nezzar. La Suisse refuse officiellement de céder à ce chantage et maintient toujours sa fermeté à l’égard d’Alger .

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