Exclusif. Sur le modèle de l’Egypte, l’armée algérienne va avaler les sociétés des oligarques en prison  

« C’est une véritable prise de guerre », se réjouit un haut gradé algérien qui a ses entrées auprès du chef de l’état-major, le général-major Saïd Changriha. En évoquant une prise de guerre, le haut gradé parlait des sociétés confisquées aux oligarques qui avaient fait fortune au temps du président Abdelaziz Bouteflika.

C’est une déclaration du directeur général du secteur public commercial au ministère de l’Industrie, Bendif El Houcine, qui a mis la puce à l’oreille des chancelleries occidentales. Le responsable gouvernemental algérien a affirmé que toutes les sociétés saisies sur décision de justice définitive  allaient passer sous le giron de l’Etat. Selon des informations obtenues par Maghreb-Intelligence à Alger, il s’agit d’un plan concocté par le général-major Saïd Changriha suivant les conseils du général Mohamed Taoufik et ses proches.

Il consiste à faire avaler par l’armée nationale populaire des sociétés comme l’ETRHB de Ali Haddad, des sociétés des frères Kouninef, de celles de Tahkout et du groupe Mazouz. Dans un premier temps ces sociétés vont être transférées au secteur public pour après atterrir chez l’armée. « Le modèle égyptien a toujours fait des émules en Algérie. Aujourd’hui avec des entreprises s’activant dans de multiples secteurs stratégiques et employant des milliers de personnes, l’armée algérienne pourrait s’autonomiser du monde politique et disposer de beaucoup moyen, et cela peu importe le budget qu’on lui affecte », explique un ancien général à la retraite à Maghreb-Intelligence.

La récente visite du général-major Saïd Changriha en Egypte était moins pour acheter des armes ou chercher de nouvelles alliances, que pour se renseigner sur comment les militaires égyptiens contrôlent l’économie de leur pays.

L’APN devrait mettre en place des structures spéciales afin d’absorber et de gérer les sociétés et entreprises des oligarques tombés en déchéance. Cela permettra de recycler des centaines de généraux et de colonels à la retraite. Cela servira également à atténuer la colère qui gronde de plus en plus au sein de la « middle class » de l’armée qui se verra ouvrir d’autres carrières dans les « affaires ». Enfin, l’APN sera complètement maître du jeu économique : les entreprises confisquées brassent plusieurs secteurs allant des huiles de table, à l’aliment de bétail, le montage des véhicules en passant par le transport universitaire. Une véritable manne pour les généraux.

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