Le chef du gouvernement marocain, Saâd-Eddine El Othmani, rate encore une fois l’occasion de se taire

Mais quelle mouche a encore piqué le chef du gouvernement marocain? À deux reprises en l’espace de quelques jours, il a raté des occasions de se taire et a multiplié gaffes après impairs.

La première fois, et s’exprimant au siège de la très officielle agence MAP, il a laissé entendre que les élections législatives du 8 septembre prochain pourraient être reportées alors que, au plus haut sommet de l’Etat, on a clairement signifié que l’échéancier électoral déjà établi sera respecté à la lettre, pandémie ou non.

Il a fallu attendre la veille des élections professionnelles pour voir El Othmani se faire recadrer par son ministre de l’Intérieur. Abdelouafi Laftit a clairement dit qu’aucun report des élections n’était à l’étude. Entretemps, El Othmani avale sa langue et annonce sa candidature à la circonscription de l’Océan à Rabat après s’être baladé entre Inezgane, Casablanca et Mohammedia. Mais il ne pouvait tenir sa langue longtemps et pour débiter de très graves propos.

Au moment où le Maroc et Israël préparent la visite à Rabat, à partir de ce 11 août, du chef de la diplomatie de Tel-Aviv, Yair Lapid, le chef du gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’étaler sur cette visite dans une interview à la chaîne Al Arabi.

Ainsi, Saâd-Eddine El Othmani a déclaré qu’il n’allait pas rencontrer Yair Lapid. Et pire: il a affirmé qu’il était passé par des moments «pénibles» quand il a apposé sa signature, au nom du Maroc, sur la déclaration tripartite Maroc-USA-Israël en décembre dernier en présence du roi Mohammed VI.

«M. El Othmani est en droit de caresser ses bases dans le sens du poil et calmer ses frères au sein de la mouvance islamiste mondiale. Mais, de là à jouer les pyromanes, c’est un pas à ne pas franchir pour un homme d’Etat», commente une source à Rabat, qui suit de très près l’action gouvernementale. «Il aurait du aller au bout de son raisonnement, ne pas signer cette déclaration et avoir le courage de rendre le tablier. Cela s’appelle la cohérence», ajoute la même source

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