Le retrait d’Aziz Akhannouch de la présidence du RNI, n’est pas une simple décision partisane, c’est un signal de fin de cycle : celui des figures reconduites “par défaut”, des équilibres figés et des partis transformés en machines à gérer le temps plutôt qu’à produire une dynamique. Et parmi les premiers à encaisser ce choc, il y a un acteur qu’on n’attendait pas forcément dans la ligne de front : l’USFP de Driss Lachgar.
Car l’USFP avait choisi, ces derniers mois, une posture de décrochage contrôlé. Lorsqu’une motion de censure a été évoquée contre le gouvernement, le groupe socialiste a fini par se retirer de la coordination, torpillant de fait l’initiative et assumant publiquement ce retrait. Dans le même esprit, le remaniement d’octobre 2024 s’est fait sans élargissement ni changement de majorité (RNI, PAM, Istiqlal), fermant la porte aux spéculations d’un retour de l’USFP par recomposition politique.
C’est là que le retrait d’Akhannouch devient toxique pour Lachgar : toute stratégie fondée sur l’idée “on négocie demain” perd son point d’ancrage. Pire, si le message implicite de cette séquence est bien celui d’un renouvellement des visages et d’une rotation des leaderships, alors l’USFP se retrouve immédiatement exposée, car Driss Lachgar dirige le parti depuis 2012 et vient d’être reconduit pour un quatrième mandat, après un congrès ayant acté des aménagements statutaires permettant cette prolongation.
En clair : Akhannouch tombe, mais le souffle du “changement de personnes” balaie aussi ceux qui avaient parié sur la continuité. L’USFP perd à la fois une fenêtre d’opportunité et une couverture politique. Et Driss Lachgar se retrouve face à une équation brutale : comment défendre une reconduction “au nom de la stabilité” au moment même où la scène donne des signaux inverses, et où l’opinion associe de plus en plus les partis à des leaderships durables, fermés, et peu connectés à l’air du temps.