Maroc: le tourisme boit la tasse, la SMIT jette des millions par la fenêtre

Malvenu, maladroit, agaçant… Les opérateurs du tourisme au Maroc n’ont pas de mots pour commenter la dernière démarche en date de la Société marocaine de l’ingénierie touristique (SMIT). Cette dernière société, placée sous la tutelle du ministère du Tourisme, mais où règne en maître absolu Imad Barakkad depuis plus de 10 ans, vient de lancer une étude sur le marché de l’investissement touristique au Maroc. Une étude qui va coûter plus de 3.2 millions de dirhams et dont le marché sera attribué le 7 janvier 2022.

«Au moment où le secteur est sinistré, il valait mieux concentrer les budgets disponibles à le soutenir et non à financer des études qui pourraient se révéler bidon ou inutiles comme bien d’autres auparavant», s’insurge un opérateur touristique national. Et cette conclusion, elle a déjà été faite depuis longtemps, entre autres par la Cour des comptes en 2017.

«La SMIT soutient qu’elle réalise chaque année un nombre considérable d’études en ingénierie du produit touristique, schémas de développement, stratégie… etc. Mais ceci est à nuancer par le fait que plusieurs de ces études sont réalisées par des cabinets privés, alors que d’autres étaient de simples actions d’accompagnement à d’autres entités», lit-on dans ce rapport qui soulève «l’absence d’analyse de faisabilité, pourtant partie intégrante d’une étude d’ingénierie touristique, dans la plupart des études de concepts».

«En outre, ces études ne sont pas exploitées, ni par des entités publiques ni par des investisseurs privés, pour construire ou valoriser un quelconque produit touristique», ajoute la Cour des comptes pour qui «Les études ne sont pas une fin en soi. Elles doivent répondre à des besoins réels et aboutir à des projets concrets, eu égard à leurs coûts directs et indirects».

«En conclusion, le métier de l’ingénierie touristique semble encore être à un stade embryonnaire au sein de la SMIT en termes de contenu des études réalisées et de leur valeur ajoutée pour l’investissement touristique», conclut l’institution présidée à l’époque par Driss Jettou.

Mais Imad Barakkad ne l’entend pas de cette oreille. Il fait ce qui lui plaît, quand cela lui chante et personne n’y pourra redire, fût-ce la ministre du Tourisme.  La direction de la SMIT, il y a été placé grâce aux relations étroites entre sa mère et celle d’un puissant proche des cercles du pouvoir.

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