Quand L’Economiste voit l’inodore secrétaire général de l’Istiqlal, Nizar Baraka, comme potentiel sauveur du royaume

L’éditorial du quotidien casablancais l’Economiste de ce jeudi 17 mai est tombé comme un cheveu sur la soupe. Consacré intégralement à chanter les louanges du secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, l’éditorial ne tarit pas d’éloges sur un homme politique, « un des rares dans sa tranche d’âge qui sait ce que l’on peut faire ou ne pas faire dans la gestion publique ».

Et l’éditorialiste, qui se découvre une soudaine passion pour le patron d’un parti nationaliste qui était, entre autres, derrière l’arabisation de l’enseignement au Maroc, n’hésite pas à qualifier Nizar Baraka de « stratège sophistiqué » qui a su arriver à la tête de « son parti de naissance » au bout d’une compétition conte Hamid Chabat « dure, mais pas sale ». Quand on se souvient des noms d’oiseaux qui ont volé, comme volèrent d’ailleurs les sous-coupes et les chaises, au-dessus de la tête des militants lors du 17e congrès du parti, on ne peut qu’apprécier le mot « sale » à sa juste valeur.

Mais pourquoi L’Economiste tient-il à « laver » le secrétaire général de l’Istiqlal, quitte à suggérer qu’il pourrait être « le premier d’une nouvelle génération d’hommes politiques » ? Qu’a-t-il proposé ou fait qui mérite un tel déchaînement de ferveur sur la Une du plus prestigieux journal du royaume ?

A part une loi de finances rectificative, un déficit budgétaire à 7 ou 8 % et l’amélioration des services publics, les propositions du patron de l’Istiqlal ne casent pas 3 pattes à un canard. Il n’y a pas de quoi vraiment en pincer pour un politicien qui a du mal à exister en dehors des hautes fonctions gouvernementales, et qui a surtout du mal à endosser l’habit de l’opposant.

Nizar Barak est l’exemple même du politicien né avec une cuillère en or dans la bouche. Petit-fils d’Allal El Fassi, fondateur historique de l’Istiqlal, et gendre d’Abbas El Fassi, ex SG du parti et ancien premier ministre, l’actuel leader de l’Istiqlal n’a jamais sollicité l’onction populaire. « Tous ses postes, il les a obtenus par nomination. Son seul fait d’armes est son élection à la tête du parti, qui réellement n’en est pas une, parce encore une fois il a été imposé par Hamdi Ould Rachid, homme fort de l’Istiqlal », résume malicieusement un ancien dirigeant istiqlalien qui connait fort bien les arcanes de la maison nationaliste.

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