Au lendemain du blocage au Conseil de sécurité des Nations unies, le dossier du Sahara marocain pourrait connaître un nouveau tournant diplomatique. Après le veto russe au projet de résolution américain du 30 octobre et l’expiration du mandat de la MINURSO, une nouvelle piste retient l’attention. Celle d’une éventuelle inscription du dossier saharien à l’ordre du jour du Conseil de la paix créé par Donald Trump.
L’échec des deux projets de résolution, américain et russe, marque une rupture dans la gestion onusienne du différend. À Rabat, le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre a d’ailleurs présenté la non-reconduction de la MINURSO comme une étape vers la clôture définitive du dossier au sein des Nations unies. Une position qui pose désormais la question du cadre diplomatique susceptible d’accueillir la suite du processus.
C’est précisément là que le Conseil de la paix de Donald Trump pourrait entrer en jeu. Officiellement lancé en janvier 2026 à Davos, ce nouvel organisme, initialement associé à la reconstruction de Gaza, dispose d’une charte dont les ambitions dépassent largement le dossier palestinien. Son article premier lui permet d’œuvrer à la stabilité et à la résolution des conflits dans différentes régions du monde, sans limitation géographique explicite.
Un autre élément mérite attention. Le Maroc est membre fondateur de cette organisation. Le 22 janvier dernier, Nasser Bourita a signé sa charte constitutive sur instructions du roi Mohammed VI. Rabat dispose ainsi d’une place au sein d’une structure présidée par l’homme qui, en décembre 2020, avait reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara.
Après le veto russe à New York, le recours à cette nouvelle enceinte pourrait présenter un intérêt particulier pour Washington. Contrairement au Conseil de sécurité, le Conseil de la paix ne repose pas sur un système de veto entre cinq grandes puissances. Donald Trump y dispose de prérogatives importantes, notamment dans l’approbation des décisions et l’organisation des initiatives diplomatiques.
L’inscription du Sahara au Conseil de la paix ouvrirait ainsi la voie à un nouveau format de discussions, potentiellement consacré à la mise en œuvre du plan marocain d’autonomie, aux garanties institutionnelles et aux arrangements sécuritaires. Une telle démarche ne signifierait toutefois pas un transfert juridique automatique du dossier hors de l’ONU, dont les compétences demeurent intactes.
Reste une question essentielle : Washington entend-il désormais privilégier un mécanisme diplomatique parallèle pour dépasser les blocages observés au Conseil de sécurité ? Aucune annonce officielle ne confirme, à ce stade, l’engagement d’une telle procédure. Mais la portée de la charte du Conseil de la paix, la participation fondatrice du Maroc et les récents développements à New York donnent à cette piste une résonance particulière.
Après trente-cinq ans de gestion onusienne, le prochain chapitre diplomatique du Sahara marocain pourrait-il s’écrire non plus au Conseil de sécurité, mais autour de la table du Conseil de la paix de Donald Trump ?