Scandale. Quand Al Alam, porte-voix du parti l’Istiqlal marocain, est pris en flagrant délit de plagiat

Al Alam, porte-voix de l’historique parti de l’Istiqlal, est le plus ancien quotidien marocain encore en vie (créé le 11 septembre 1945). Il ne s’agit pas uniquement d’un journal reflétant, depuis des décennies, les positions du parti de Si Allal El Fassi, Si Mhamed Boucetta ou encore l’ancien premier ministre Abbas El Fassi pendant de longues décennies, mais d’une véritable école de journalisme, d’une institution comme on parlerait, sous d’autres cieux (toutes distances gardées) de ces journaux qui font la pluie et le beau temps.

Mais voilà que, sous le règne de Nizar Baraka, Al Alam tombe bas, très bas. Ce journal que les Marocains lisaient en cachette, enfants puis adolescents, a plagié un article de Maghreb Intelligence (et ce n’est pas la première fois) pour en faire la Une de sa dernière livraison.

Dans notre article non signé (Exclusif. Affaire Brahim Ghali: le général-major Mekri alias «Mahfoud Polisario» cherche une Taupe au sein de la DDSE), daté du 6 mai, nous rapportions comment le coup de génie des renseignements marocains a plongé leurs homologues algériens dans une grande tourmente en révélant le transfert, en Espagne, de Brahim Ghali, le chef du Polisario. Et comment la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE) est sens dessous-dessus pour chercher la fuite.

Que fait Al Alam? Il traduit tout simplement notre article, mot à mot, pour en garnir sa Une en citant des «sources médiatiques concordantes». Et ben, non Messieurs! Il n’y a pas, pour ce cas de figure, de «sources médiatiques concordantes». C’est une information exclusive de Maghreb Intelligence et cela n’aurait pas fait de mal de citer vos sources, comme le font tous les médias respectables.

À la rigueur, nous aurions accepté ce plagiat, ou plutôt ce hold-up, de la part de quelque feuille de chou ou de quelques «sites d’information» fonctionnant grâce au wifi gracieux des Cafés. Mais pas de Al Alam, une école pour tous les journalistes maghrébins, ce patrimoine qui appartient à tous les lecteurs nord-africains

Nous vous renvoyons à ceux qui devraient être votre mauvaise conscience. Car on n’agit pas de la sorte quand on se présente comme les dignes successeurs de Boucetta, Ghellab, Larbi Messari, Mohamed El Ouafa, Abdeljabbar Sehimi ou Hassan Abdelkhalek.

Quant au parti de l’Istiqlal, nous nous posons la question de savoir comment une formation politique pourrait convaincre les Marocains et se présenter comme une alternative sérieuse quand le bateau amiral de sa presse fait dans le banditisme de grand chemin.

Nizar Baraka s’entoure de spin doctors payés au prix fort, saigne le parti pour moderniser sa communication, promet monts et vallées et moult ruptures. Mais il doit avant tout donner un bon coup de balai au sein d’Al Alam.

Bref, nous laissons le parti et la direction du journal juger de cette grave incartade. Et éventuellement à l’appréciation de Abdellah Bekkali, responsable au sein du même journal, et cheville ouvrière aussi bien au sein du Syndicat de la presse (SNPM) qu’au sein du Conseil national de la presse (CNP).

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