Terrorisme. La chute de Béchir Akremi, une affaire embarrassante pour les islamistes

Connu pour ses liens douteux avec les islamistes, l’ancien procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Tunis, Béchir Akremi vient d’être suspendu et son dossier a été transféré au parquet sur décision du Conseil de l’Ordre judiciaire dans une affaire très médiatisée.

Sous Ennahdha, à qui il doit sa fulgurante ascension, l’homme fort de Noureddine Bhiri – ancien ministre de la Justice – a réussi à paralyser les procédures judiciaires à l’encontre des terroristes. Akremi a enterré dans les tiroirs 6268 dossiers de crimes, dont l’embrigadement des jeunes vers les zones de conflit, l’intrusion de groupes terroristes, l’usage d’explosifs et les tests d’autopsie…

Relégué au poste de procureur général à la Direction générale des affaires pénales au ministère de la Justice, Béchir Akremi a été dans la ligne de mire du comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, qui le propulse comme un agent d’exécution des islamistes, chargé de camoufler leur implication dans les assassinats politiques, considérés comme crimes d’État.

Aujourd’hui, la chute retentissante de Béchir Akremi demeure un coup dur pour les islamistes. Si Ennahda peut encore compter sur ses innombrables pions, sa crédibilité est manifestement entachée. Une tendance confirmée dans les récents chiffres des intentions de vote qui placent le mouvement dirigé par Rached Ghannouchi derrière le Parti Destourien Libre (PDL), présidé par Abir Moussi, figure du régime Ben Ali et ennemie acharnée des Frères musulmans. L’heure est désormais au changement pour les islamistes.

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