L’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) table sur une hausse de 20 % des arrivées brésiliennes en 2026, avec un objectif désormais clairement affiché. Dépasser le seuil des 70 000 visiteurs.
La progression est loin d’être anecdotique. Au cours des trois derniers mois, le marché brésilien a enregistré une croissance de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une performance d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la flambée des coûts du transport aérien.
Depuis l’ouverture d’un bureau régional de l’ONMT à São Paulo en 2023, le Maroc a considérablement renforcé sa présence sur le plus grand marché d’Amérique du Sud, notamment à travers une offensive commerciale menée par l’ONMT et le renforcement des liaisons aériennes opérées par Royal Air Maroc
L’enjeu dépasse largement les simples statistiques touristiques. Avec plus de 210 millions d’habitants et une classe moyenne supérieure en pleine expansion, le Brésil représente un formidable réservoir de voyageurs à fort pouvoir d’achat. Une clientèle que le Maroc cherche à séduire pour réduire progressivement sa dépendance aux marchés européens historiques.
Et les résultats sont déjà visibles. Contrairement à une partie du tourisme de masse européen, les visiteurs brésiliens affichent un profil particulièrement rentable. Ils voyagent plus longtemps, dépensent davantage et privilégient massivement les établissements haut de gamme. Selon les professionnels du secteur, les tour-opérateurs brésiliens commercialisent principalement des séjours dans des hôtels quatre et cinq étoiles.
Le Royaume s’impose ainsi progressivement comme une destination premium sur le marché latino-américain. Marrakech, Casablanca, Fès ou encore le désert du Sahara séduisent une clientèle à la recherche d’expériences culturelles authentiques, d’un patrimoine millénaire et d’une offre gastronomique de plus en plus valorisée à l’international.
Le Brésil n’est encore qu’un marché émergent pour le Royaume. Mais sa croissance actuelle laisse entrevoir un potentiel considérable. Et dans la bataille mondiale pour les touristes les plus dépensiers, Rabat semble avoir trouvé en Amérique latine un nouveau terrain de conquête.