Un mois après son hospitalisation en Allemagne, le président Abdelmadjid Tebboune risque-t-il la destitution ?

Révélée le 25 octobre dernier par Maghreb Intelligence, la contamination de Abdelmadjid Tebboune au coronavirus n’a été annoncée par le cabinet présidentiel que le 3 novembre. Depuis, plus aucune trace des activités du très contesté successeur de Bouteflika, hospitalisé en urgence à bord d’un avion médicalisé français, direction l’Allemagne. Une absence qui nourrit les doutes sur les capacités du président algérien, 75 ans, à diriger le pays, secoué par une crise socio-économique, un chaos sanitaire à l’italienne et un amateurisme diplomatique avec les monarchies du Golf.

C’est le désordre total au Palais présidentiel d’El-Mouradia. Affaibli par l’intervention marocaine ferme à Guerguarate et le soutien des leaders du Golfe au roi Mohammed VI, Alger ne sait plus comment s’y prendre au sujet de ses protégés du Polisario et sa présence au sein de la Ligue Arabe. Mais là où le bât blesse, c’est dans les tirs amis déclenchés par Abdelouhab Boukrouh, l’un des cadres du service de communication de la présidence algérienne. Proche des responsables qataris, Boukrouh a fait fuiter des informations confidentielles sur le fonctionnement de la Présidence algérienne et l’évolution des rapports de force entre les diverses composantes du pouvoir algérien à Doha, révèle Maghreb Intelligence. Pendant ce temps, Abdelmadjid Tebboune est aux abonnés absents et les médias algériens et étrangers évoquent “une grande confusion autour de son état de santé”.

Alors qu’il devait promulguer la nouvelle Constitution après le référendum du 1er novembre, boycotté massivement par les Algériens, Tebboune fait régner une incertitude politique et ravive le cauchemar d’un scénario à la Bouteflika. Ces derniers jours, plusieurs voix s’élèvent en Algérie pour revendiquer le recours à l’article 102 de la Loi fondamentale pour remplacer le président algérien à El Mouradia. Et si le nom de l’ancien combattant de la guerre d’indépendance, Salah Goudjil, 89 ans, refait surface, l’armée algérienne aurait entamé les préparatifs pour l’après Tebboune selon plusieurs sources. Ainsi, un an, presque, après son élection controversée, le retour au pouvoir de l’actuel président algérien semble semé d’embûches.

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