Pourquoi Moussa Koussa est en disgrâce

Aurait-il commis l’irréparable ? C’est en tout cas ce que pense une bonne partie des observateurs dans la capitale libyenne.

Moussa Koussa, ancien patron des services de renseignements libyens et actuel ministre des Affaires étrangères, à qui on n’a pas connu de faux significatifs durant une brillante carrière de 25 ans, aurait commis une monumentale erreur. Le chouchou du guide de la révolution passe aujourd’hui par une mauvaise passe puisque plusieurs dignitaires libyens, à part Seif Al Islam Kadhafi et le chef d’état-major le général Abou Bakr Younès Jaber, lui tournent le dos. Tout aurait commencé par un clash qui l’aurait opposé à Al Mouatassem Billah, patron du Conseil de la sécurité nationale -organe supervisant tous les services de renseignements libyens-. Lors de cette dispute très violente qui a opposé les deux hommes, le fils du guide de la révolution aurait menacé de «casser la figure» à Moussa Koussa. Ce dernier a aussitôt averti Mouammar Kadhafi qui a ordonné dans la foulée l’arrestation d’Al Mouatassem Billah et son incarcération. Mais la victoire de Moussa Koussa fut de courte durée. Quelques jours après l’incident, un rapport émanant des redoutés Comités révolutionnaires -alliés d’Al Mouatassem- a atterri sur le bureau du guide de la révolution. Le rapport compromettant sonna alors la disgrâce du ministre des Affaires étrangères. Le document révèle que Moussa Koussa a crée, avec le promoteur libanais Michel Najm, une société immobilière au Liban appelée MANN. La société a décroché un contrat pour la construction de 30 mille logements en Libye. Mais là n’est pas le problème, ce genre de pratiques étant toléré pour les fidèles du régime. L’erreur commise par Moussa Koussa, c’est qu’en tant qu’ancien patron des services de renseignements libyens, il n’a pu découvrir la solide relation d’amitié qu’entretient Michel Najm avec le président du Parlement libanais et chef du mouvement chiite « Amal » Nabih Berri, ennemi déclaré de Mouammar Kadhafi depuis la disparition à la Jamahiriya, dans les années soixante-dix, de l’Imam Moussa Sadr.

 

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