Algérie : le Gouvernement Provisoire Kabyle en quête de reconnaissance internationale

Solennellement installé lors d’une imposante cérémonie au Palais des Congrès à Paris, le Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) recherche désormais une reconnaissance internationale. Le président en exil du GPK, Ferhat Mehenni, aurait déjà à son agenda une série de rencontres avec des personnalités étrangères.

De bonnes sources, l’on apprend que Mehenni devrait rencontrer dans les prochaines semaines les chefs de la diplomatie d’au moins quatre pays africains.
Outre «Ferhat», le GPK comprend une dizaine de ministres, avec une représentation féminine remarquée. Deux femmes, Djamila Amgoud et Malika Mouaci sont chargées de la culture, de la communication et de la solidarité.
La stratégie des autonomistes kabyles repose précisément sur la mise en place d’institutions officielles de la Kabylie afin que celle-ci ait une visibilité à l’étranger comme à l’intérieur. Le gouvernement provisoire pourrait ainsi devenir l’interlocuteur d’Alger pour négocier les contours de l’autonomie sans laquelle la Kabylie et le peuple kabyle « ne se développeront jamais », selon les autonomistes.
Une perspective qui donne le tournis aux autorités algériennes. Car, si les services de sécurité algériens sont parvenus jusqu’à présent à contenir tant bien que mal la montée des revendications d’autonomie en Kabylie, la tâche s’est révélée beaucoup plus ardue avec les kabyles de la diaspora. Organisés depuis 2002 dans le cadre du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), les autonomistes kabyles ont réussi à déjouer de nombreuses tentatives d’infiltration menées par les services algériens, spécialement le fameux DRS (Direction Renseignement et Sécurité). Finalement, le MAK a décidé de franchir le pas en annonçant, le 21 avril 2010, la création d’un Gouvernement Provisoire Kabyle,  à l’occasion du 30ème anniversaire du « Printemps berbère », qui commémore le soulèvement d’avril 1980 en Kabylie. Cet anniversaire commémore aussi le souvenir du « Printemps noir » d’avril 2001, lorsque d’énormes manifestations avaient suivi la mort d’un jeune kabyle, Massinissa Guermah, abattu par des gendarmes. Les forces de sécurité algériennes ouvrent alors le feu, faisant 125 morts et des milliers de blessés et de mutilés.
Aujourd’hui, la démocratie en Algérie est restée au «stade d’un pluralisme de façade», affirment les autonomistes Kabyles pour qui « derrière le FLN et ses alliés, c’est toujours le clan présidentiel qui dirige et pille le pays. L’affaire Sonatrach en est la meilleure illustration ».

 

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