Amazighité : les rebelles libyens s’inspirent du modèle Marocain

Les rebelles libyens du Conseil National de Transition établi à Benghazi réfléchissent sérieusement à l’après-Kadhafi. Il y a quelques jours, quatre envoyés libyens ont visité Rabat pour s’entretenir spécialement avec les membres de l’Institut Royal pour la Culture Amazighe (IRCAM). [onlypaid]La délégation libyenne a demandé aux chercheurs marocains de traduire une liste d’appellations de la langue arabe au berbère. Tâche à laquelle les Marocains se sont attelés avec minutie. « On leur a traduit une liste de noms qu’ils nous ont remis de l’arabe vers l’amazighe standardisé, à la fois en caractères tifinagh, latins et arabes. C’est à eux de choisir les caractères à adopter. C’est une décision politique qui est du ressort des Libyens eux-mêmes», a révélé à Maghreb-intelligence un spécialiste de la question berbère qui travaille à l’IRCAM. Parmi les appellations qui ont été traduites, figure la « Sécurité nationale » qui devrait bientôt trôner en amazighe sur les uniformes des nouvelles forces de l’ordre libyennes. D’après des sources bien informées à Benghazi, la prochaine Constitution libyenne verra l’officialisation de la langue amazighe à côté de la langue arabe, comme c’est le cas dans le nouveau texte constitutionnel soumis au référendum au royaume du Maroc. Il faut dire que la présence d’une forte minorité amazighe en Libye qui a été longtemps réprimée, a poussé le CNT à réfléchir à des actions fortes afin de réhabiliter cette partie de l’identité libyenne. D’autant plus que les régions berbères de Nefoussa, Zouara, Sokna, Aoujila, Ghadamès, Ghrayan, Jado, Jalo et Yafran mènent depuis le début de l’insurrection de terribles combats contre les brigades de Mouammar Kadhafi. Cela dit, le modèle marocain fait des émules un peu partout au Maghreb. En Tunisie où l’amazighe a été réduit au rang de curiosité touristique, une véritable renaissance culturelle est en train de voir le jour. Plusieurs associations et trois groupes de musique berbères ont déjà vu le jour dans le pays du jasmin et cela ne devrait pas s’arrêter là, même si la présence amazighe dans ce pays demeure moindre que dans les autres pays du Maghreb. [/onlypaid]

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