CFCM : le Maroc humilie l’Algérie

C’est la déprime au sein du DRS, les redoutables services des  renseignements militaires algériens. Depuis quelques mois, les Marocains, ennemis jurés des hommes de Taoufik Mediène, leur assènent coup sur coup et cela ne semble pas près de s’arrêter. La dernière raclée a laissé un goût amer au travers de la gorge des Algériens. En effet, depuis quelques mois, le colonel du DRS en poste à Paris, chargé des affaires islamiques, a multiplié les rencontres avec le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur afin de préparer les élections régionales et nationales du très stratégique Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Se rendant compte de la faiblesse des chances de la Grande Mosquée de Paris, les Algériens ont imaginé un scénario diabolique afin de mettre en déroute le Rassemblement des Musulmans de France (RMF), proche des Marocains. Le stratagème imaginé par « le colonel » et Dalil Boubakeur consistait à appeler au boycott des élections afin de jeter le discrédit sur les futures instances, obligeant ainsi le ministère de l’Intérieur sous la conduite d’un Claude Guéant algérophile à révoquer le CFCM. Pour atteindre son but, la Fédération de la Grande Moquée de Paris a pu convaincre l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), affiliée à la nébuleuse internationale des Frères musulmans, de ne pas aller non plus à ces élections. Fouad Alaoui, qui avait succédé à Thami Braize à la tête de l’UOIF, n’ayant pas pu convaincre ses amis de participer aux élections du CFCM, a préféré démissionner de son poste à la veille des élections. Toutefois, Dalil Boubakeur, qui a multiplié les déplacements à Alger pour rassurer ses interlocuteurs sur la justesse de son choix, a été surpris de voir deux listes algériennes se présenter aux élections. Mais le coup de massue est intervenu le dimanche 5 juin. Sur les 3631 délégués inscrits, 3176 sont allés voter, soit un taux de participation d’environ 87 %. Une mobilisation propre à dissuader Claude Guéant d’invalider le scrutin. L’autre gifle reçue par le recteur de la Grande Mosquée de Paris et par l’Algérie à travers lui, est le score réalisé par le RMF, proche du Maroc. Cette association a pu rafler 62 % des voix exprimées, soit 30 représentants au Conseil d’administration du CFCM. C’est donc en toute logique que Mohamed Moussaoui, président sortant va continuer à diriger cette instance représentative de l’Islam français. D’après un ancien conseiller de Charles Pasqua au ministère de l’Intérieur, la défaite de l’Algérie était prévisible pour deux raisons au moins. « Dalil Boubakeur est totalement discrédité auprès des Algériens de France qui le trouvent très à droite. Il a récemment soutenu publiquement Brice Hortefeux, coupable de propos racistes. En plus, les Marocains avaient depuis toujours investi dans les Amicales qui contrôlaient les mosquées et les oeuvres de bienfaisance, pour faire face aux opposants gauchistes. Sur ce terrain, ils ont plusieurs longueurs d’avance sur les Algériens et les Turcs », explique à Maghreb-intelligence ce fin connaisseur de l’Islam français. Aujourd’hui à Alger, on se demande sérieusement s’il faut continuer à soutenir Dalil Boubakeur qui n’arrive plus à gagner aucune bataille.

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