En délicatesse avec l’état-major de l’armée algérienne, le président Abdelmedjid Tebboune désigne Rabat «ennemi public numéro 1»

Le ton est martial, la manière l’est tout autant. Dans une imitation pathétique des communiqués de guerre émis par les états-majors des armées, Abdelmedjid Tebboune, tel un maréchal d’opérette, a publié une instruction présidentielle estampillée « Instruction N°1 ». Ce qui laissait prévoir logiquement une suite d’instructions de la même veine.

Le président algérien a adressé une mise en garde sévères à ses ministres et aux entreprises économiques algériennes pour qu’ils cessent toute collaboration avec les entreprises marocaines ; Le Maroc étant désigné dans la missive présidentielle d’ennemi portant atteinte aux intérêts économiques et stratégiques du pays. L’instruction émise par Abdelmedjid Tebboune et qui date du 25 avril dernier « aurait été fuitée » par des membres très influents de l’état-major de l’ANP. La direction de l’armée ne cache plus son mécontentement des « performances » du président jugées « très médiocres ».

Selon des sources bien informées, les services de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui ont dressé une liste des sociétés marocaines opérant en Algérie, en ont informé le président. Une démarche ordinaire et qui ne concerne pas que le Maroc d’ailleurs. Afin de se donner de l’importance, le président que les hauts gradés de l’armée consultent, de moins en moins, s’est empressé d’envoyer une instruction, qui normalement ne relève pas de ses compétences. « Ce président est une erreur de casting. En plus de multiplier les impairs, Abdelemdjid Tebboune est très impopulaire dans l’opinion publique algérienne », avoue un diplomate européen qui a ses entrées au sein de la grande muette.

D’ailleurs, son « ami » Saïd Chengriha, chef de l’état-major de l’ANP, vient de le lâcher. « Nous traînons une boule que feu Gaid Salah, Dieu lui pardonne, a attaché aux deux pieds de l’Algérie », se serait ouvert le généralissime à un de ses interlocuteurs.

Aujourd’hui, les généraux les plus influents disent haut et fort ce qu’ils pensaient tout bas il y a quelques mois : « il est impossible que l’actuel président aille au terme de son mandat ». Les prochaines échéances électorales prévues fin juin offriraient peut-être un exutoire pour une crise de gouvernance que matérialise Abdelmedijid Tebboune.

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