Exclusif : le général Tartag s’apprête à prendre les rênes du DRS à la place de « Tewfic »

Ce qui n’était jusque-là qu’une rumeur, s’est vite confirmé ces derniers jours. Le limogeage du général Abdelkader Kherfi dit « Ahmed » de la direction du contre-espionnage algérienne -DSI- préfigure de grands changements dans la hiérarchie militaire à Alger. [onlypaid] Le général Kherfi, nommé à la tête du DSI après le brusque décès du général major Smaïn Lamari en 2007, n’a apparemment pas démérité à son poste. Si certains observateurs ont imputé ce changement aux dernières déconvenues de l’Algérie au Sahel et à l’enlèvement à Hassi Rabouni de trois coopérants européens au nez et à la barbe du Polisario, d’autres mieux informés parlent eux d’une véritable guerre de succession en Algérie. Le général Bachir Tartag dit « Athman », dit le « Bombardier » devait normalement occuper un grand poste militaire en 2007 déjà. Mais le clan présidentiel, assez fort à l’époque, a refusé net. Le président Bouteflika n’a pas voulu de ce militaire ombrageux à la réputation sulfureuse. En effet, le général Tartag a été l’un des militaires les plus impliqués dans la guerre civile algérienne qui a fait plus de 200 mille morts entre 1990 et 2000. Il est surtout connu pour ses méthodes douteuses et son goût immodéré pour la violence. En 2007, Abdelaziz Bouteflika, tout en voulant affaiblir le DRS, cherchait à purger le système militaire des hauts gradés qui ont du sang « injustifié » sur les mains.
Aujourd’hui, le départ du général Kherfi et l’arrivée du général Tartag à la DSI -la colonne vertébrale du DRS- a donné lieu à plusieurs lectures dont la plus probable est celle que la maladie du général de corps d’armée Mohamed Mediène, patron depuis 32 ans du DRS et homme fort de l’Algérie, a précipité les choses. A bientôt 73 ans, Mohamed Mediène se rend régulièrement aux Etats-Unis, non seulement pour voir les matchs de la NBA dont il raffole, mais pour y suivre un traitement médical. Il sait que pour lui, le compte à rebours est amorcé. C’est pourquoi, selon d’anciens hauts gradés algériens, il cherche à verrouiller sa succession. « Celui qui contrôle la DSI contrôle le DRS et donc contrôle l’Algérie », explique, ironique, un diplomate français en poste à Alger. C’est donc pour briguer la succession de son ami et patron -Mohamed Mediène- que le général Bachir Tartag a été tiré d’une retraite dorée et propulsé aux avant-postes. Il sera épaulé par le général Mhenna Djebbar, qui est aujourd’hui à la tête de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA). Auparavant, il a été écarté par le général Kherfi de la DSI, notamment pour ses frasques (alcool et femmes) et sa gourmandise (commissions). Il aura également l’appui du général Rachid Lallali, patron de la Direction de la documentation et de la Sécurité extérieure (DDSE), qui s’occupe désormais des actifs de la Sonatrach à l’étranger. C’est donc plus pour préparer l’après Bouteflika et l’après Mediène que le général Tartag a été rappelé. Le défi primordial pour les généraux algériens est non pas la lutte contre le terrorisme au Sahel, mais bel et bien le contrôle de la poule aux œufs d’or. [/onlypaid]

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