Exclusif. Le scandale des pièces de rechange, le dossier secrètement étouffé à Sonatrach

A Sonatrach, le poumon économique de l’Algérie, des voix s’élèvent pour réclamer l’ouverture d’un dossier longtemps étouffé. Il s’agit d’un dossier concernant les surfacturations et les commissions ainsi que rétrocommissions redistribuées généreusement lors des marchés d’acquisition des pièces de rechanges du matériel et équipements pétroliers. Selon plusieurs sources concordantes, Sonatrach a dépensé depuis 2005 plus de 8 milliards de dollars pour moderniser et mettre à jour ses équipements pétroliers et matériel de production. Ce scandale caché qui n’a jamais fait l’objet d’une enquête sérieuse et fiable implique de nombreux hauts responsables à l’image de Fatma-Zohra Chorfi, l’actuelle puissante secrétaire général du ministère de l’Energie, et ancienne cadre dirigeante de Sonatrach en charge de ce dossier délicat avec son époux, Talantikit Abderrahmane.

Selon nos informations, le dossier concernant les pièces de rechange des équipements médicaux n’a jamais exhibé ou transmis à la justice pour la simple raison que le colonel Azzedine, l’ex-haut gradé du DRS et longtemps le premier responsable de la sécurité du ministère de l’Energie avant qu’il ne soit contraint de quitter ses fonctions à la suite d’un bras de fer perdu face à Chakib Khelil, a caché les éléments de ce dossier dans ses tiroirs.

Et pourtant, une enquête aurait été nécessaire pour mettre à nu le détournement des factures des acquisitions des pièces de rechange et de certains équipements pétroliers, des marchés publics gérés dans une totale opacité.

Selon certaines sources, la Cour des Comptes s’est intéressé à ce dossier entre 2008 et 2009, mais le rapport réalisé n’a jamais atterri sur le bureaux des décideurs. L’actrice principale de ce dossier, Fatma Zohra Chorfi, quitte précipitamment Sonatrach et se retrouve propulsée secrétaire générale du ministère de l’Energie par l’ex-ministre Salah Khebri.

Depuis 2015, la puissance de la SG du ministère de l’Energie ne cesse de prendre de l’importance en raison de la faiblesse des personnalités ayant succédé ces dernières derrière le bureau du ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni ou Mohamed Arkab, le ministère de l’Energie est dirigé ces dernières années par des ministres qui n’ont aucun savoir-faire dans le secteur pétrolier. Tous des anciens de Sonelgaz, la compagnie de l’énergie électrique, ils ont de faibles notions du domaine pétrolier. Fatma-Zohra Chorfi en profite grandement pour asseoir son pouvoir en dépit de son passé troublant à Sonatrach et de tous les soupçons dont elle fait l’objet. Nous y reviendrons.

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