L’Algérie réclame à la France la restitution des crânes de ses résistants

Selon le site d’informations Dernières Infos d’Algérie (DIA), l’ambassade d’Algérie à Paris a officiellement demandé aux autorités françaises de lui restituer les crânes des résistants algériens, fusillés puis décapités en 1849 par le corps expéditionnaire français au terme d’un siège de quatre mois autour de l’oasis de Zaâtcha, dans le sud Constantinois. Une quarantaine de ces crânes sont conservés depuis la fin du 19ème siècle au Musée de l’homme à Paris, et lors de sa visite à Alger au début du mois de décembre dernier, Emmanuel Macron s’était engagé à la prochaine restitution des crânes des martyrs algériens. Une initiative qui avait été saluée par les officiels algériens, notamment par le premier ministre Ahmed Ouyahia.

L’ambassadeur d’Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, a depuis été chargé par le ministère algérien des Affaires étrangères de faire une demande officielle de restitution, demande qui concerne également les copies des archives que conserve la France sur la période 1830-1962, période de la colonisation.

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  1. nadjet 20:59 - janvier 6, 2018

    je vous invite à lire ce lien pour que vous sachiez que le problème a été posé depuis 2003:
    Madame Khalida TOUMI, ministre de la Culture et de la Communication d’Algérie:
    – Monsieur le Président de l’Assemblée parlementaire, messieurs les ministres, mesdames, messieurs les députés, honorable Assemblée, nous sommes réunis aujourd’hui pour échanger des points de vue, pour faire avancer la perception des relations entre l’Europe et les pays du Sud dans le but évident d’améliorer leur qualité, étant entendu qu’il s’agira de rapprocher les destins de deux continents qui ne présentent pas, pour des raisons connues de tous, le même niveau de développement.

    Mon pays qui plonge profondément ses racines dans la culture africaine a, vous le savez, participé de manière significative à l’émergence, à l’élaboration ou la construction de la civilisation de la Méditerranée, de la Méditerranée, ce continent, comme le disait le poète.

    Mon pays a été et demeure un acteur important de cette région du monde, au carrefour et au voisinage de trois subcontinents: le Nord de l’Afrique, le Sud de l’Europe et l’Orient de l’Asie. Il a l’histoire que sa géographie lui a assignée, le destin que son peuple lui a tracé. Il y ajoute la culture que ses hommes et ses femmes lui ont façonnée.

    A l’ouverture septentrionale de l’Afrique, au milieu du Maghreb, au cœur de l’histoire moderne et contemporaine, au palpitant des questions de développement social et économique, mon vivant pays vit, sur 2,5 millions de km², ses 2 millions d’années d’histoire et de patrimoine. Il abrite les plus grands musées à ciel ouvert du monde, le Tassili et ses 80 000 Km², le Hoggar et ses 500 000 km² et la chaîne atlasique qui s’étire d’Est en Ouest sur plus de 1 000 km de long.

    Nous avons géré ces richesses au nom de l’humanité entière, avec nos propres moyens, comme nous l’avons su, comme nous l’avons pu et, nous l’espérons ardemment, comme nous aurions dû. Mais peut-on demander à un pays du Sud de gérer le Tassili comme vous avez appris à gérer Lascaux? Gérer Tipasa comme vous gérez le Colisée? Je vous parle d’un pays qui, en 1962, comptait 900 bacheliers sur 10 millions d’habitants. Vous savez les coûts que représentent la protection et la conservation de tels patrimoines dont au demeurant, nous sommes très fiers, les coûts en matériels, en formation et en maîtrise.

    Ce patrimoine, il est impératif de lui assurer, pour le plus longtemps possible, la meilleure santé possible. Nous savons ce qu’il faut faire: il faut le surveiller, l’entretenir, le restaurer, l’enregistrer et l’étudier. Il doit être protégé des aléas de la nature et de ceux des mains qui peuvent, consciemment ou inconsciemment, lui porter atteinte. C’est d’un véritable plan international, étudié et concerté, qu’il a besoin si nous voulons rester dignes de cet incommensurable legs. L’Algérie est aujourd’hui en mesure de recevoir un tel plan comme elle doit être chargée de constituer la banque de données de tous les enregistrements effectués sur ses patrimoines.

    De nombreux patrimoines archéologiques, historiques et culturels, issus des pays du Sud, se trouvent dans vos pays. Ils sont dans la majorité des cas bien entretenus. Vous comprendrez que ce qui est chez vous de l’ordre de l’esthétique relève pour nous de l’ordre de l’essentiel: ces objets-témoins comme les appelait Jean Cocteau, ils manquent à notre contexte alors qu’ils décrivent nos rituels, renvoient à nos croyances, marquent nos passages, figurent notre être, font nos visions du monde. Les développements technologiques de toutes sortes atteints aujourd’hui par le progrès humain permettent plusieurs formes de restitutions et de circulations de l’information et du savoir. Il faut en étendre les bienfaits à nos humanités et faire en sorte que l’Homme de Tighenif, vieux de plus de 500 000 ans, ne soit plus l’un des plus anciens «déportés» du monde.
    Conseil de l’Europe: SESSION DE 2003
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