Les dessous de la visite ratée du premier ministre tunisien Hichem Mechichi à Paris

Pour sa première visite officielle à l’étranger, le chef du gouvernement Hichem Mechichi s’est rendu à Paris, où il a rencontré le Premier ministre français Jean Castex à Matignon.

Le déplacement du chef de l’exécutif tunisien se résume à des échanges éphémères, des photos souvenirs folkloriques et des rencontres officielles sans écho médiatique notable. Malgré les avancées sur l’octroi de laissez-passer consulaires (LPC) pour expulser de France les immigrants illégaux, radicalisés, les perspectives de percevoir une énième aide financière française pour relancer l’économie tunisienne à l’agonie ne sont pas réjouissantes et les raisons sont multiples…

Affaiblie par une crise sociale, économique et financière sans précédent, la Tunisie risque de ne pas honorer ses engagements vis-à-vis de ses principaux créanciers. Un constat confirmé par le dernier rapport de Fitch Ratings. L’agence de notation avait révisé la perspective de la Tunisie de “stable” à “négative” en raison de l’aggravation des risques de liquidité budgétaire. La forte détérioration des finances publiques, l’absence des réformes et le chaos politique actuel ne plaident pas en faveur d’un nouveau financement extérieur du déficit budgétaire abyssal. C’est pourquoi Hichem Mechichi, très contesté à Tunis, s’est contenté des promesses d’investissement et rien de concret.

Le bilan défendu par le pensionnaire de la Kasbah à Matignon, pour exhorter Paris à accroître ses investissements en Tunisie, n’a été écouté que d’une oreille par Jean Castex, très préoccupé par la crise sanitaire et le dossier très épineux du séparatisme religieux. Les arguments de la liberté d’expression, devenue une excuse d’injures, ou encore de l’éventuelle approche basée sur le développement solidaire et l’investissement, proposée pour lutter contre la migration clandestine, sont peu convaincants et sans grand impact sur la table des négociations quand l’instabilité règne en Tunisie. Comment bien faire ? Le chef du gouvernement tunisien devrait se tourner vers les réformes de fond au lieu de faire le mendiant en costard-cravate avant que tout ne s’effondre.

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