Les Saoudiens lâchent Saad Hariri

C’est un retournement de situation très attendu qui est intervenu au Liban ces derniers jours. Le Hezbollah et ses alliés ont réussi à isoler le premier ministre démissionnaire Saad Hariri qui passe de la tête de la majorité au banc de la minorité parlementaire. C’est encore une fois le chef druze Walid Joumblat qui opère la volte-face la plus spectaculaire. L’allié d’hier rejoint la coalition du Hezbollah.

La nomination du sunnite Najib Mikati pour former un nouveau gouvernement a mis l’Arabie Saoudite hors d’elle. Le ministre des Affaires étrangères saoudien Saoud Al Fayçal a crié sa colère en déclarant que son pays aller se désengager de tout effort diplomatique au Liban. Les choses ne semblent pas s’arranger puisque les proches de Najib Mikati, téléguidés par le Hezbollah selon nos sources, menacent déjà les collaborateurs de Saad Hariri de poursuites judiciaires parce qu’ils seraient impliqués dans des transactions financières illégales. Les partisans de Hariri crient au règlement de compte politique. En réaction, Saad Hariri aurait confié, il y a plus de deux semaines, à son homme de confiance, Adnane Al Baba, de louer des hôtels particuliers et des appartements de luxe à Paris pour une vingtaine de ses compagnons de route qui seraient les plus ciblés. En parallèle, les partisans de Hariri sont descendus, dès lundi soir dans certains quartiers de Beyrouth et de Tripoli pour protester violement contre la nouvelle donne politique au pays du Cèdre. Au grand étonnement des observateurs, l’ancienne opposition dirigée par le Hezbollah n’a pas réagi, alors que l’armée est rapidement intervenue pour instaurer l’ordre et mette en garde les partisans du richissime homme d’affaire. La question qui se pose aujourd’hui avec insistance est de savoir si la nomination de Mikati, très proche lui aussi des Saoudiens, serait le début de la disgrâce de Saad Hariri. D’après les informations dont dispose Maghreb-intelligence, c’est le ministre de l’Intérieur Nayef Ben Soltane qui serait derrière le lâchage de Saad Hariri par le royaume wahhabite.

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